Russie/Pétrole - Rosneft dit préparer des mesures anti-sanctions

vendredi 25 juillet 2014 13h17
 

MOSCOU, 25 juillet (Reuters) - Rosneft, le plus important producteur de pétrole russe, a déclaré vendredi avoir préparé des mesures censées lui permettre de faire face à l'impact négatif de sanctions internationales liées à la crise en Ukraine.

Rosneft, contrôlé par l'Etat russe, pèse à hauteur de 40% de la production pétrolière. La société et son président, Igor Setchine, un proche du président russe Vladimir Poutine, sont déjà visés par la première salve de sanctions qui avaient prises au printemps dans la foulée de l'annexion de la Crimée. et

Les pays membres de l'Union européenne envisagent de durcir leurs sanctions contre la Russie en raison de son rôle supposé dans le conflit qui fait rage dans l'est de l'Ukraine et dans la destruction, il y a une semaine, du Boeing 777 de la Malaysia Airlines qui a fait 298 morts, dont 193 ressortissants néerlandais.

Parmi les pistes esquissées par la Commission européenne, qui pourraient avoir force de loi dès la semaine prochaine, figure un système d'autorisation préalable pour la vente, la fourniture, le transfert ou l'exportation, que ce soit de manière directe ou indirecte, de technologies européennes vers la Russie.

Et, dans ce cadre, Bruxelles ferait en sorte que les autorités publiques ne délivrent pas d'autorisation à l'exportation pour des technologies destinées à des projets de forage en mer profonde, à l'exploration arctique ou l'extraction de pétrole de schiste.

Rosneft, dont BP détient une participation de 19,75%, est censé commenter la menace de nouvelles sanctions lors d'une conférence téléphonique prévue dans la journée.

Dans un communiqué, Igor Setchine déclare que "avec nos partenaires - les plus importantes compagnies pétrolières mondiales - nous travaillons sur un plan visant à minimiser les conséquences de l'inclusion de Rosneft à la liste des sanctions".

Rosneft a notamment noué des coopérations avec Exxon Mobil et Statoil pour exploiter les réserves offshore de l'Arctique russe.

Le groupe a également annoncé une multiplication par cinq de son bénéfice net du deuxième trimestre, en raison essentiellement du renchérissement du rouble, à 172 milliards de roubles (3,6 milliards d'euros). (Vladimir Soldatkin, Benoît Van Overstraeten pour le service français)