LEAD 1-Tesco avertit sur ses résultats et se sépare de son DG

lundi 21 juillet 2014 10h34
 

(Actualisé avec cours de Bourse, précisions)

LONDRES, 21 juillet (Reuters) - Tesco a annoncé lundi le départ de son directeur général Philip Clarke, marquant l'échec de sa stratégie de redressement du premier distributeur britannique qui a averti sur ses résultats du premier semestre.

L'annonce du départ de Philip Clarke, en poste depuis 2011, est saluée en Bourse tandis que le "profit-warning" du groupe britannique pénalise l'ensemble du secteur en Europe. Vers 08h25 GMT, le titre avance de 1,8% à Londres alors que Sainsbury perd 1,4% et WM Morrison 2,2%. Carrefour , le leader européen, cède plus de 1% à Paris.

Tesco a annoncé que les conditions actuelles d'activité étaient plus difficiles qu'anticipé le 4 juin lors du point sur son activité du premier trimestre et que le chiffre d'affaires ainsi que le bénéfice d'exploitation du premier semestre étaient inférieurs aux attentes.

"Philip Clark a convenu avec le conseil d'administration que le moment était approprié pour passer la main à un nouveau dirigeant avec des perspectives et un profil nouveaux", a déclaré le président du conseil d'administration, Richard Broadbent, qui avait pourtant soutenu Philip Clarke lors de l'assemblée annuelle en juin.

Tesco a précisé que Philip Clarke resterait en fonction jusqu'au 1er octobre, date de sa démission du conseil, et resterait disponible jusqu'à la fin janvier 2015 pour faciliter la transition. Il sera remplacé par Dave Lewis, un cadre dirigeant d'Unilever présenté comme un spécialiste du redressement des entreprises.

Philip Clark avait pris les rênes du premier distributeur britannique en 2011 et entrepris depuis deux ans un plan de redressement de l'activité en Grande-Bretagne, qui représente les deux tiers du chiffre d'affaires et des bénéfices du groupe.

Tesco a notamment investi des milliards de livres dans la rénovation de ses magasins, le personnel, les gammes de produits et les services en lignes. Le distributeur a réduit ses prix et renoncé à son objectif de marge opérationnelle.

Ces mesures ne se sont cependant pas traduites pour l'instant par un redressement des ventes.

Bruno Monteyne, analyste spécialisé dans la distribution chez Sanford C Bernstein, estime que le départ de Philip Clarke confirme que sa stratégie était complètement erronée. "Donc, de mon point de vue, d'autres mauvaises nouvelles sont à venir avant que le groupe ne revienne sur le bon chemin".

Le titre Tesco, chouchou des investisseurs pendant deux décennies de croissance ininterrompue des résultats jusqu'à un premier "profit warning" choc sous Philip Clarke en 2012, stagne à présent à des plus bas de 10 ans. (James Davey, Mathilde Gardin pour le service français, édité par Véronique Tison)