Lafarge/Holcim-Les syndicats veulent peser sur les cessions

jeudi 10 juillet 2014 10h54
 

PARIS, 10 juillet (Reuters) - Les syndicats européens de Lafarge et Holcim ont demandé aux deux groupes des garanties sociales pour les salariés des entités appelées à être cédées dans le cadre du projet de fusion entre les deux géants du ciment.

Lafarge et Holcim ont présenté lundi une première liste d'activités qu'ils comptent vendre pour obtenir le feu vert des autorités européennes de la concurrence à leur mariage. Ces activités, situées pour l'essentiel en Europe, emploient en tout 10.000 personnes et représentent environ 3,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

"Les comités d'entreprise européens ont exprimé leurs inquiétudes sur les emplois et les conditions de reprise des salariés dans les activités qui seront cédées", selon un projet de communiqué de la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB) obtenu par Reuters jeudi.

"Ils ont demandé à nouveau que ces conditions fassent l'objet d'un accord avec les directions des deux groupes."

Celles-ci ont répondu que les conditions sociales seraient un critère déterminant dans le choix du repreneur mais n'ont pas précisé ces conditions, poursuit le communiqué.

Depuis l'officialisation de leur projet en avril dernier, Lafarge et Holcim soulignent que la fusion n'entraînera aucune fermeture de site ou suppression d'emplois industriels.

Mais les syndicats redoutent que certains repreneurs ne se sentent plus liés par cet engagement une fois que les activités auront changé de main, théoriquement après la réalisation de la fusion au premier semestre 2015.

"L'idée est effectivement de conclure des accords avec les repreneurs afin qu'aucun licenciement économique en lien avec la cession ne soit prononcé pendant un temps qui reste à négocier", a indiqué Jean-Michel Gillet, représentant de la FETBB.

Parmi les autres pistes de négociation, il a aussi évoqué la possibilité d'un retour chez Lafarge pour les salariés des entités cédées.

Direction et syndicats ont prévu de se rencontrer une fois par mois pour faire le point sur l'avancement de la fusion et ses conséquences. La dernière rencontre a eu lieu lundi dernier. (Gilles Guillaume, édité par Benjamin Mallet)