9 juillet 2014 / 13:18 / dans 3 ans

Europe-Euro, économie font peser une hypothèque sur les résultats

* Des résultats sans doute améliorés mais l‘euro et l‘économie pèsent

* Croissance des résultats estimée à 5%-6% - JPMorgan

* Une “saison” non stimulante pour la Bourse

par Atul Prakash

LONDRES, 9 juillet (Reuters) - La “saison” des résultats trimestriels en Europe ne suffira pas à inciter les investisseurs à tester de nouveaux sommets boursiers, après une volée d‘avertissements sur résultats et d‘indicateurs économiques sans grand relief.

Après un début d‘année mouvementé, le rythme de la reprise économique s‘est ranimé au deuxième trimestre pour les Etats-Unis et est resté stable pour la Chine. Mais en Europe, où l‘euro reste obstinément fort, l‘activité économique a ralenti en juin en Allemagne et a fléchi en France.

Pour autant, la croissance ailleurs a dû aider les entreprises européennes - qui tirent une partie non négligeable de leurs revenus hors du Vieux Continent - à dégager une croissance du bénéfice par action de l‘ordre de 5% à 6%, selon les estimations rassemblées par JPMorgan.

De fait, le pessimisme ambiant s‘est tassé ces dernières semaines avec un ralentissement de la fréquence des révisions à la baisse des résultats de la part des analystes.

Mais l‘euro fort et les doutes quant à la teneur de la croissance économique au second semestre amènent certains investisseurs à douter que les Bourses européennes viennent éprouver des pics de plusieurs années.

“Le deuxième trimestre sera meilleur que le premier mais rien de spectaculaire”, dit Ronny Claeys (KBC Asset Management). “Nos attentes sont limitées parce que les obstacles ne manquent pas; l‘impact négatif des changes est toujours là et la reprise économique est lente”.

Durant la journée de mercredi, l‘assureur britannique Admiral a fait état d‘une baisse du chiffre d‘affaires trimestriel, tandis que Sodexo a revu en baisse ses prévisions de croissance de l‘activité sur l‘année en raison de retards pris dans l‘exécution de certains contrats déjà engrangés.

Au contraire, l‘aluminier américain Alcoa a sans difficulté battu le consensus.

DIFFICILE D‘ÊTRE OPTIMISTE

Les entreprises européennes sont exposées à des difficultés diverses et variées. Tout d‘abord une monnaie unique dont la hausse a fait souffrir les exportateurs au premier trimestre et qui ne s‘est pas relâchée le trimestre suivant.

Airbus est la dernière entreprise européenne en date à avoir exhorté, mardi, la Banque centrale européenne (BCE) à prendre d‘autres mesures pour affaiblir l‘euro.

Concurrence et surcapacités ont poussé Air France-KLM et Lufthansa à anticiper une baisse de leurs bénéfices, tandis que le groupe d‘ingénierie Bilfinger a pointé du doigt la transition énergétique allemande vers des sources plus écologiques.

“J‘ai beaucoup de mal à être optimiste pour les résultats en Europe”, confie Andrea Williams (Royal London Asset Management). “Je crains que la saison des résultats du deuxième trimestre ne soit à son tour décevante, surtout dans l‘industrie, surtout pour les sociétés exposées aux marchés de l‘électricité”.

Les sociétés qui devraient tirer leur épingle du jeu dans les trimestres à venir sont celles qui sont exposées aux cycles économiques, comme les constructeurs automobiles mais aussi certaines défensives comme l‘italienne Snam et l‘espagnol Gas Natural.

A l‘inverse, les perspectives annuelles sont moroses pour les télécommunications en France, en Grande-Bretagne et aux Pays-bas, dans le sillage de sociétés telles que Vivendi , Vodafone et KPN, pour cause de concurrente effrénée et de soucis réglementaires. Les actions de ces firmes ont baissé de 9% à 12% durant le trimestre sous revue.

“PAS LA FIN DU MONDE”

Quoi qu‘il en soit, il faudra un élan certain des résultats de sociétés pour soutenir réellement les places boursières européennes dans les trimestres à venir, font valoir les analystes.

Il est probable que les entreprises continueront de réduire leurs coûts et de vendre des actifs même si cela s‘impose moins qu‘avant.

Même si l‘indice FTSEurofirst 300 évolue non loin de pics de plusieurs années, il gagne moins de 5% depuis le début de l‘année, tandis que l‘indice londonien FTSE 100 est pratiquement stagnant.

Même si des taux d‘intérêt exceptionnellement bas sont un plus pour les bilans des entreprises, ils sont peu nombreux à croire que les investisseurs vont s‘emballer.

“Je ne pense pas forcément que cette saison des résultats sera la fin du monde”, affirme Ian Richards (Exane BNP Paribas). “Mais ça m‘étonnerait vraiment qu‘on en tire un quelconque stimulant”. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Nicolas Delame)

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