13 mai 2014 / 09:09 / dans 3 ans

LEAD 1-E.ON veut des compensations pour des sites non-rentables

par Christoph Steitz

FRANCFORT, 13 mai (Reuters) - E.ON, numéro un allemand des services aux collectivités, a demandé mardi à pouvoir bénéficier du “mécanisme de capacité” pour absorber les pertes accusées par ses centrales au gaz, après l‘annonce d‘une baisse de 12% De son excédent brut d‘exploitation au premier trimestre.

Le groupe a expliqué ce recul par un hiver trop doux et des prix de gros trop faibles au moment même où la concurrence des énergies renouvelables est de plus en plus vive et menace le modèle d‘entreprise traditionnel du secteur fondé sur l‘utilisation de centrales d‘énergie conventionnelles, fonctionnant le plus souvent au gaz.

E.ON, comme un certain nombre de ses concurrents, cherche donc à obtenir l‘activation du système du “mécanisme de capacité” qui permet d‘obtenir des financements pour rémunérer les centrales même lorsqu‘elles ne fonctionnent pas, ce qui aiderait les opérateurs à poursuivre l‘exploitation de centrales utilisées en particulier dans les périodes de consommation de pointe.

“Je suis optimiste sur les chances de voir le gouvernement fédéral mettre très rapidement en place un système qui permette aux centrales d‘énergie conventionnelles de fournir une production continue, fiable, capable de venir en soutien de la production irrégulière des énergies renouvelables”, a dit le président du directoire Johannes Teyssen dans une lettre adressée aux actionnaires.

Plusieurs Etats européens, dont la France et la Grande-Bretagne, réfléchissent ou ont mis en place un tel mécanisme.

E.ON a fait part mardi d‘un bénéfice avant intérêts, taxes, dépréciations et amortissements (Ebitda) de 3,16 milliards d‘euros, un niveau légèrement inférieur aux 3,2 milliards prévus en moyenne dans le consensus Reuters.

Sur la période, ses ventes de gaz se sont effondrées de près d‘un quart à 309,7 milliards de kilowatts/heure (kWh), a dit le groupe allemand qui a pointé du doigt des “températures bien supérieures à la moyenne à long terme”.

E.ON a toutefois maintenu sa prévision pour 2014, disant s‘attendre à un Ebitda de 8 à 8,6 milliards d‘euros et à un résultat net courant compris entre 1,5 et 1,9 milliard.

La tendance annoncée par E.ON va dans le sens de celles données par ses principaux concurrents comme GDF Suez ou encore EnBW qui ont également expliqué que la clémence de l‘hiver avait pesé sur leurs résultats au premier trimestre. (voir )

E.ON, dont la part de marché s‘est effondrée de plus de moitié depuis 2010, s‘est engagé dans un plan de fermeture ou de mise en sommeil de plus d‘un quart de ses capacités de production en Europe et a cédé pour environ 20 milliards d‘actifs pour surmonter une crise exacerbée par une baisse de la demande en énergie.

Confronté à un lourd endettement, E.ON réfléchit à vendre de nouveaux actifs, essentiellement en Italie et en Espagne, pour éponger une partie de sa dette. (Nicolas Delame pour le service français, avec Benjamin Mallet, édité par Véronique Tison)

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