Démarrage record pour le traitement de l'hépatite C de Gilead

mercredi 23 avril 2014 10h15
 

23 avril (Reuters) - Le coûteux traitement oral de Gilead Sciences contre l'hépatite C a connu un démarrage record en rapportant 2,27 milliards de dollars (1,6 milliard d'euros) lors de ses trois premiers mois de commercialisation.

La société biotechnologique américaine a annoncé mardi soir un triplement de son bénéfice net au premier trimestre, à 2,23 milliards de dollars contre 722 millions un an plus tôt, sur un chiffre d'affaires multiplié par deux à cinq milliards, soit bien plus que ce qu'attendait Wall Street.

Le bénéfice par action ajusté a atteint 1,48 dollar alors que le consensus Thomson Reuters I/B/E/S était de 91 cents.

Dans les transactions d'après-Bourse, l'action Gilead Sciences s'adjugeait 2% à 74,62 dollars après avoir clôturé la séance régulière en hausse de 1,8% sur le Nasdaq. Le cours de Bourse de Gilead a plus que doublé en deux ans mais a perdu quelque 15% depuis son plus haut de l'année de 84,88 atteint le 24 février.

"C'est remarquable qu'ils aient pu générer 2,3 milliards de dollars de revenus (du Sovaldi contre l'hépatite C) en seulement trois mois de commercialisation", a commenté Geoffrey Porges, analyste chez Sanford Bernstein, en notant que ce montant est deux fois supérieur aux attentes du marché. "Tout le monde va revoir nettement ses prévisions pour le groupe."

Gilead a obtenu en décembre l'autorisation de mise sur le marché du Sevaldi et son prix de 84.000 dollars pour 12 semaines de traitement a depuis déclenché une vive polémique aux Etats-Unis, jusqu'à la Chambre des Représentants où l'entreprise californienne a été sommée de se justifier.

Gilead fait valoir que son traitement oral a un taux de guérison de plus de 90%, contre environ 75% pour les traitements précédents. Avant le nouveau traitement, les patients contaminés par l'hépatite C devaient être soignés pendant au moins six mois avec plusieurs médicaments, dont l'interféron et la ribavarine, des traitements par injection qui présentaient des risques d'effets secondaires non négligeables.

Environ 3,2 millions d'Américains sont porteurs du virus de l'hépatite C, selon le Centre de contrôle des maladies. L'Organisation mondiale de la santé estime à 150 millions le nombre de porteurs du virus dans le monde.

(Deena Beasley, Véronique Tison pour le service français)