7 avril 2014 / 06:03 / il y a 3 ans

RPT-USA-Le marché espère un dégel printanier des bénéfices

(Rpt sans changement d'un papier diffusé dimanche.)

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK, 7 avril (Reuters) - Les entreprises américaines imputant à un hiver particulièrement rigoureux leurs résultats en demi-teinte du premier trimestre, les investisseurs attendent du mieux dès le trimestre suivant et risquent de sanctionner sévèrement celles qui ne feront pas montre d'optimisme.

Tempêtes de glace et de neige et températures polaires ont éloigné le chaland des échoppes, immobilisé les avions au sol, paralysé le trafic et augmenté la facture de chauffage aussi bien pour les entreprises que pour les ménages durant les trois premiers mois de l'année.

Le climat a été mentionné dans 219 téléconférences liées aux résultats des sociétés du S&P-500 du 1er janvier au 1er avril contre 125 au premier trimestre 2013.

Les investisseurs, par le passé, considéraient d'un oeil suspicieux les sociétés qui rejetaient sur la météo la faute de résultats médiocres mais cet hiver-ci n'est pas pareil. "Le fait est que l'hiver a réellement fait mal", dit Randy Warren (Warren Financial Service). "On va donc examiner les perspectives et voir si les chefs d'entreprise nous disent qu'ils constatent déjà du mieux, un dégel printanier".

Les dernières données sur l'immobilier et l'automobile semblent de fait pressentir un tel adoucissement. Les économistes de Bank of America/Merrill Lynch anticipent une croissance du PIB de 3% à 3,5% aux Etats-Unis durant les trois prochains trimestres, observant une hausse des intentions d'embauche des PME et de meilleures perspectives pour l'investissement. La prévision médiane de croissance pour le premier trimestre est de 1,9%.

Les prévisions de bénéfices ont été fortement revues en baisse durant le premier trimestre. Les marchés anticipent pour les sociétés de l'indice S&P-500 une croissance des bénéfices de 1,2% alors que les prévisions donnaient 6,5% au 1er janvier, selon Thomson Reuters. Tous les secteurs, sauf celui des services aux collectivités ("utilities"), ont subi une telle décrue des attentes durant le trimestre.

Pour le deuxième trimestre, une croissance bien plus forte de 8,5% est espérée contre 9,7% anticipés au 1er janvier.

"AVANTAGES CONCURRENTIELS"

Toutes les sociétés n'ont pas pâti à un égal degré des frimas. Les chaînes de magasins de bricolage Home Depot et Lowe's ont fait état d'une hausse des ventes de chasses-neige à soufflerie, de radiateurs et de systèmes de déglaçage dans leur rapport sur les ventes de février.

De même, la projection de croissance des bénéfices pour les "utilities" est passée de 1,6% le 1er janvier à 7,7%. Leur indice est en tête de tous les secteurs de l'indice S&P-500 avec un gain de 9% sur le trimestre. Les investisseurs ont considéré ce secteur comme un hâvre sûr, producteur de rendements élevés mais les avantages tirés ici des intempéries risquent de fondre rapidement.

En revanche, pour les sociétés vendant des biens et des services qui ne sont pas de première nécessité (consumer discretionary), la croissance attendue des bénéfices a été ramenée à 6,1% contre 14,5% au 1er janvier. Les valeurs de ce secteur ont subi une perte de 3,2% durant le premier trimestre, alors que l'indice S&P-500 a gagné 1,3% dans le même temps.

En outre, pour les sociétés de la confection et de la chaussure par exemple les mois à venir ne seront pas forcément synonymes d'embellie, note Jay Sole (Morgan Stanley), ces dernières étant affectées par un changement radical des habitudes de consommation qui n'a rien à voir avec les conditions climatiques.

Les industrielles, avec une prévision de hausse des bénéfices rétrogradée à 0,2% contre 5,0%, font a priori grise mine. L'hiver a renchéri le coût du travail en raison des heures supplémentaires et des retards de livraison, lesquels ont provoqué un gonflement du nombre des commandes en souffrance.

Mais les choses se sont depuis améliorées et les directeurs d'achats anticipent de meilleures perspectives pour les commandes à venir. "Nous ne pensons pas que cela perturbera les avantages concurrentiels" pour bon nombre des sociétés concernées, dit Keith Schoonmaker (Morningstar). (Wilfrid Exbrayat pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below