13 mars 2014 / 08:40 / il y a 3 ans

LEAD 2-Dassault Aviation-Nouveau jet, marché convalescent

* Le nouveau M1000 sera dévoilé en mai, 7 mois après le 5X

* Livraisons et chiffre d'affaires prévus en baisse en 2014

* Marge opérationnelle 10,9% en 2013 contre 13,9% en 2012

* Dividende en baisse à E8,90 par action

* Dassault satisfait de son pacte d'actionnaires dans Thales (Actualisé avec conférence de presse)

par Cyril Altmeyer

SAINT-CLOUD, Hauts-de-Seine, 13 mars (Reuters) - Dassault Aviation dévoilera en mai un nouveau jet, baptisé M1000, espérant compenser par une gamme étoffée et des innovations technologiques la concurrence exacerbée dans un marché de l'aviation d'affaires encore convalescent après la crise de 2008.

L'avionneur, également constructeur des avions de combat Rafale et Mirage, prévoit ainsi pour 2014 une baisse de son chiffre d'affaires comparé à 2013 et environ 70 livraisons de ses jets Falcon contre 77 l'an passé, une prévision elle-même conditionnée à une reprise du marché de l'aviation d'affaires.

Après avoir dévoilé en octobre le Falcon 5X doté d'une large cabine, Dassault Aviation dégainera au salon Ebace de l'aviation d'affaires à Genève en mai un nouvel avion dont Eric Trappier n'a voulu révéler que le nom de code : le M1000.

Selon Les Echos, il pourrait s'agir d'une nouvelle version allongée et modernisée du 7X, le haut de la gamme Falcon.

Face à des concurrents comme l'américain Gulfstream, Dassault Aviation cherche à tout mettre en oeuvre pour maîtriser ses coûts pour faire face au désavantage concurrentiel de l'euro fort, qui a contribué à la dégradation de trois points de la marge opérationnelle du groupe en 2013, à 10,9%.

"Les Etats-Unis, c'est finalement un pays bas coûts sauf qu'il a en plus la technologie. Donc cela en fait des concurrents redoutables", a observé jeudi Eric Trappier à l'occasion de la présentation des résultats annuels de Dassault Aviation.

"EUROPE DE LA SOUVERAINETÉ"

Eric Trappier a également appelé les responsables politiques et militaires à créer une "Europe de la souveraineté" plus que jamais indispensable face au géant américain et à la montée en puissance de l'Inde et de la Chine.

Le Vieux Continent, seule région du monde aux budgets de défense en nette baisse, devrait pouvoir définir d'une même voix ses besoins en matière d'avions, de bateaux ou de systèmes de commandement, a-t-il ajouté.

Dassault Aviation se bat pour décrocher un premier contrat à l'export pour le Rafale depuis le lancement en 1989 de cet avion salué pour ses performances mais trop sophistiqué pour certains prospects et pénalisé par ses coûts de production en euro.

Après les échecs successifs accusés en Suisse et au Brésil l'an passé, Eric Trappier a indiqué que le Rafale était en lice pour au moins quatre contrats à l'export - au Canada, au Qatar, en Malaisie et aux Emirats arabes unis - en plus de la méga-commande négociée en Inde depuis janvier 2012.

Eric Trappier a confirmé que Dassault Aviation avait conclu un accord avec son partenaire indien HAL sur le partage des tâches dans ce contrat portant sur au moins 126 Rafale, dont seuls les 18 premiers seront construits en France, les autres devant être assemblés progressivement en Inde.

Mais la signature de ce contrat historique, estimé à 15 milliards de dollars et comportant une option de 61 avions supplémentaires, ne pourra être signé qu'après les élections législatives prévues pour démarrer le 7 avril.

Dassault Aviation livre chaque année 11 Rafale à la France mais le budget de la Défense pour la période 2014-2019 prévoit qu'au moins deux contrats à l'étranger finissent par prendre le relais.

L'action Dassault Aviation, dont le flottant ne représente qu'environ 3% du capital, a gagné 2,45% à 1.045 euros jeudi, bénéficiant notamment de la hausse des prises de commandes de Falcon à 64 unités en 2013, contre 58 en 2012.

La remontée constante de cet indicateur-clé après 36 unités en 2011 et un solde négatif en 2010 traduit la lente convalescence d'un marché qui représente les trois quarts des ventes de Dassault Aviation, lesquelles ont augmenté de 17% en 2013, à 4,59 milliards d'euros.

Dassault Aviation, qui a pour actionnaire majoritaire le Groupe industriel Marcel Dassault (GIMD) avec 50,55%, prévoit de baisser son dividende à 8,90 euros par action au titre de 2013 contre 9,30 euros pour 2012 et 8,50 euros pour 2011. Airbus Group détient de son côté une participation de 46% qualifiée en février de "non stratégique".

Eric Trappier s'est également dit satisfait du pacte d'actionnaires de Dassault Aviation avec l'Etat dans l'équipementier Thales, dont ils détiennent respectivement 26% et 27%.

* Le communiqué :

link.reuters.com/fex57v

* La présentation :

link.reuters.com/gex57v (Edité par Dominique Rodriguez)

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