February 27, 2014 / 8:13 AM / 3 years ago

LEAD 3-GDF Suez nettoie son bilan et s'engage sur son dividende

6 MINUTES DE LECTURE

* Perte de E9,7 mds en 2013 en pro forma

* Des actifs passés "à la paille de fer"

* Nouvelle politique de dividende

* Les investissements vont croître

* Objectif de résultat net récurrent relevé

* L'action en nette hausse (Actualisé avec conférence de presse)

par Benjamin Mallet

PARIS, 27 février (Reuters) - GDF Suez a dévoilé jeudi une lourde perte de 9,7 milliards d'euros au titre de 2013 après avoir dû déprécier des actifs, essentiellement européens, mais s'est aussi engagé sur son dividende et sur ses investissements de croissance, s'attirant ainsi les faveurs du marché.

Plombé par la baisse des prix de marché de l'électricité en Europe, résultat des surcapacités et d'une faible demande, le groupe a souligné que la dépréciation - de 14,9 milliards d'euros - traduisait sa conviction d'une crise "durable et profonde" des centrales électriques thermiques et des capacités de stockage de gaz du Vieux Continent.

"Nous avons décidé de passer les actifs au bilan du groupe à la paille de fer", a souligné lors d'une conférence son PDG Gérard Mestrallet.

"Ces dépréciations (...) n'impactent ni notre trésorerie ni notre solidité financière, qui est une des meilleures du secteur, (...) et tout ceci ne remet pas en cause les perspectives de développement du groupe dans le monde", a-t-il ajouté.

GDF Suez prévoit ainsi 9 à 10 milliards d'euros d'investissements bruts au cours des trois prochaines années (contre 7,5 milliards en 2013), dont seulement 2,5 milliards pour de la maintenance, en ciblant notamment des acquisitions de taille petite et moyenne.

Soulignant sa volonté d'être un énergéticien de référence dans les pays à forte croissance, le groupe disposait à fin 2013 de 15 gigawatts (GW) de projets en construction ou en développement avancé, dont près de 90% dans ces pays.

Il souhaite également se renforcer dans le gaz naturel liquéfié (GNL) et sur l'ensemble de la chaîne gazière, y compris dans les infrastructures, ainsi que dans les services énergétiques à l'international.

GDF Suez propose en outre pour 2013 un dividende stable de 1,50 euro par action et s'engage, pour la période 2014-2016, sur une politique en la matière basée sur un taux de distribution de 65-75% et avec un minimum de 1 euro par action, payable en numéraire et avec un acompte.

Bruxelles sollicité

Ces annonces ont été bien accueillies par les investisseurs, l'action GDF Suez affichant à 14h20 la deuxième plus forte hausse du CAC 40 avec un gain de 4,64%.

Evoquant des résultats 2013 en ligne avec les attentes, de "bonnes" prévisions pour 2014 et une nouvelle politique de dividende "intelligente", Kepler estime dans une note qu'il est temps de revenir vers la valeur.

GDF Suez a souligné que malgré l'importance de ses dépréciations d'actifs - qu'il explique par la taille de son bilan de 160 milliards d'euros - celles-ci auraient pour conséquence positive de faire baisser les amortissements et de contribuer ainsi à son résultat net récurrent à hauteur de 350 millions dès 2014.

Il a d'ailleurs relevé son objectif de résultat net récurrent part du groupe pour 2014 à un niveau compris entre 3,3 à 3,7 milliards d'euros, contre un maximum de 3,5 milliards auparavant, et table sur un résultat brut d'exploitation de 12,3 à 13,3 milliards.

Après avoir dû fermer 11,5 GW de centrales thermiques en Europe depuis 2009, le groupe espère en outre de Bruxelles la mise en place d'un système de rémunération de capacités, des mesures pour favoriser une hausse du prix du CO2 et un frein aux subventions des renouvelables.

En données pro forma, avec mise en équivalence de Suez Environnement à partir du 1er janvier 2012, GDF Suez a enregistré au titre de 2013 un résultat net récurrent part du groupe de 3,4 milliards d'euros (contre 3,8 milliards en 2012), un Ebitda de 13,4 milliards (-8,1%) et des ventes de 81,3 milliards (-0,8%).

En données IFRS, la perte nette est de 9,3 milliards.

"Monopoly International"

Selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, les analystes attendaient en moyenne un Ebitda de 13,4 milliards et un chiffre d'affaires de 81,5 milliards.

La dette nette du groupe, en baisse de 6,8 milliards d'euros par rapport à fin 2012, s'établit à 29,8 milliards à fin 2013 avec un an d'avance sur l'objectif du groupe.

GDF Suez a en conséquence abandonné son programme de 11 milliards d'euros de désinvestissements en 2013 et 2014, et prévoit de revenir à des "rotations usuelles" de 2 à 3 milliards par an dont le produit sera entièrement consacré à des investissements de croissance.

Il prévoit également d'accélérer son plan d'économies, augmentant de 800 millions d'euros sa contribution brute cumulée à fin 2015.

En dénonçant un échec de la fusion entre GDF et Suez, survenue en 2008, ainsi qu'un "monopoly international" et une "vision strictement financière", la CGT estime pour sa part dans un communiqué que le groupe "mise tout à l'international et tire un trait sur l'Europe et la France".

Le syndicat propose également qu'une étude soit réalisée afin que l'Etat français, qui détient 36,7% du capital de GDF Suez, en devienne actionnaire à 51%.

* Le communiqué :

link.reuters.com/xax27v (Avec Geert De Clercq, édité par Dominique Rodriguez)

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