Eurocopter veut restaurer son image après plusieurs accidents

vendredi 20 décembre 2013 12h28
 

PARIS, 20 décembre (Reuters) - Eurocopter est déterminé à restaurer son image auprès du grand public après plusieurs accidents mortels impliquant ses appareils, même s'il a retrouvé la confiance de ses clients après une période d'attentisme, a déclaré vendredi Guillaume Faury, président exécutif de la filiale d'EADS.

Le premier fabricant mondial d'hélicoptères civils, qui sera rebaptisé Airbus Helicopters le 1er janvier en même temps que sa maison-mère prendra le nom d'Airbus Group, a déploré récemment deux accidents en Ecosse même si la responsabilité de ses appareils n'a pas été démontrée.

Eurocopter a lancé lundi une alerte aux exploitants de ses EC135 après la découverte d'une jauge de carburant défectueuse sur un certain nombre d'appareils de la même série que celui qui s'est écrasé en novembre sur un pub de Glasgow, faisant 10 morts. (Voir )

Fin août, c'est l'accident d'un Super Puma qui avait fait quatre morts au large des îles britanniques des Shetland.

"Quand on a dans la presse et dans les médias sociaux notre nom associé à des accidents (...), il y a un impact négatif sur la marque, sur l'entreprise, et je considère qu'également pour cette raison-là réduire les accidents est une priorité", a précisé Guillaume Faury lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE).

"Le fait d'avoir être extrêmement présents, d'avoir accompagné par de la communication vers nos clients le déroulement des derniers accidents, me semble-t-il, nous fait finir 2013 avec une relation de confiance", a-t-il ajouté.

Guillaume Faury, qui a pris les rênes d'Eurocopter en mai dernier, a précisé que le groupe continuait à récolter des informations concernant l'accident de novembre à Glasgow.

"Il est probable que l'enquête va être longue et complexe, parce qu'il n'y avait d'enregistreur d'accident à bord", a-t-il estimé.

Le patron d'Eurocopter a annoncé des mesures en 2014 pour proposer ce type d'équipements à bord, afin de réduire à l'avenir le nombre et la gravité des accidents.

Eurocopter, qui a pour principaux concurrents Sikorsky, filiale de l'américain United Technologies, et AgustaWestland (Finmeccanica ), a plus que triplé de taille en dix ans, faisant passer son chiffre d'affaires deux milliards à 6,5 milliards d'euros.

Guillaume Faury a toutefois prévenu que le groupe enregistrerait une croissance "probablement plus faible" dans les années à venir sous l'effet du concurrence accrue sur les marchés militaires à l'export et sur les marchés civils, tous les acteurs cherchant à compenser la baisse des budgets de défense en Europe et aux Etats-Unis. (Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)