October 16, 2013 / 5:42 PM / in 4 years

Bourses-Une série d'avertissements fragilise le rally en Europe

6 MINUTES DE LECTURE

* Les prévisions de bénéfices du Stoxx 600 abaissées de 0,5% en 15 jours

* Les financières, produits de base et technologiques les plus touchées

* Les grands groupes français pénalisés par leur exposition à l'Asie

PARIS/LONDRES, 16 octobre (Reuters) - Une vague d'avertissements sur résultats à l'occasion de la publication des comptes du troisième trimestre a conduit les analystes européens à revoir en baisse leurs prévisions de bénéfices pour l'exercice en cours, en particulier pour les valeurs bancaires, technologiques et de produits de base, montrent les données de Thomson Reuters.

Le consensus des anticipations sur les résultats des entreprises du Stoxx 600 a été abaissé de 0,5% au cours des deux dernières semaines selon Starmine, les analystes prenant en compte les avertissements lancés par des entreprises comme l'ascensoriste Schindler ou l'équipementier pour la défense Chemring.

Avec un ratio de deux dégradations d'analystes pour une révision en hausse, le momentum des prévisions de bénéfices - considéré comme déterminant pour la poursuite de la hausse des indices alors que le soutien des banques centrales semble se dérober - reste orienté à la baisse.

"Ce n'est pas que les résultats ne finiront pas par augmenter si la reprise continue, mais il y aura un décalage un peu plus long que d'habitude entre la reprise économique et celle des bénéfices", déclare Daniel McCormack, stratégiste chez Macquarie, qui anticipe une baisse de l'ordre de 5% des résultats des entreprises européennes cette année.

Comparaison du momentum des bénéfices sur les principaux marchés actions :

link.reuters.com/xuv52v

Dans les trois secteurs les plus touchés, les prévisions bénéficiaires des producteurs de produits de base ont été abaissées de 2,8% au cours des deux dernières semaines, celles des valeurs financières de 2,3% et celles des fabricants de matériels informatiques de 2,0%.

Le secteur des produits de base est affecté par l'évolution de la demande en raison notamment du ralentissement de la croissance économique chinoise alors que l'offre reste abondante, a souligné Daniel McCormack.

Les résultats mitigés, voire décevants, d'Intel mais aussi des grandes banques américaines comme Citigroup ou JPMorgan ont aussi pu motiver des révisions pour certaines valeurs des secteurs correspondants en Europe.

Les entreprises qui ont subi le plus grand nombre de révisions en baisse de la part des analystes sont celles qui ont averti sur leurs résultats ou publié des chiffres trimestriels inférieurs au consensus, comme Nokian Tyres et l'organisateur de paris William Hill dégradés par 14 analystes, ou le spécialiste de la surveillance sismique TGS Nopec et le distributeur Tesco dégradés l'un comme l'autre par 15 analystes.

La Chine, Peu câline

A la Bourse de Paris, Dassault Systèmes a surpris lundi en prévenant que ses résultats des troisième et quatrième trimestres seraient inférieurs à ses objectifs en raison notamment du décalage de la signature de certains contrats, surtout en Asie.

Danone a lancé mercredi un avertissement sur ses résultats annuels en raison de l'impact sur la confiance des consommateurs asiatiques, notamment chinois, des rappels de laits infantiles de l'été.

LVMH a aussi pâti de son exposition à l'Asie, la croissance organique de son principal centre de profit, Louis Vuitton, ayant été inférieure à 3% au troisième trimestre.

"Une tendance se dégage : l'exposition aux pays émergents et plus particulièrement la Chine", note Max Kamir, vendeur actions chez Louis Capital Markets.

"Les grandes entreprises françaises qui avaient bénéficié de la croissance des BRICS sont aujourd'hui celles qui souffrent le plus. C'est véritablement le ralentissement des pays émergents qui n'a pas été suffisamment pris en compte par les entreprises", souligne-t-il. "La situation de la demande en Chine est le principal facteur de ralentissement."

Les avertissements des groupes français ne sont pas liés à la situation économique du pays ou de l'Europe, ajoute-t-il.

"Le marché est quand même beaucoup monté sans révision à la hausse des prévisions d'analystes. Et si l'on regarde dans le détail, ce sont surtout les valeurs domestiques (Télécoms, Utilities,...) qui ont progressé depuis juin", note-t-il aussi.

La hausse de 23% enregistrée par le CAC 40 depuis un an, à défaut des profits, ne s'explique que par la revalorisation globale et européenne des actions, confirme François Chevallier, stratégiste à la Banque Leonardo.

La remontée du taux de capitalisation des bénéfices (PE) du marché américain de 12,5 à 14 a déplacé le plafond du CAC 40 de 3.900 points à 4.200 points, estime-t-il.

Le PE américain, souligne-t-il, plafonne depuis l'évocation du ralentissement des achats d'actifs par la Réserve fédérale américaine.

Barclays Capital note toutefois que les actions européennes ont encore une marge d'appréciation par rapport aux valeurs américaines dans une perspective de long terme.

Valorisations relatives des actions européennes par rapport aux actions américaines :

link.reuters.com/gam83v (Alexandre Boksenbaum-Granier et Marc Joanny à paris, Toni Vorobyova à Londres, édité par Dominique Rodriguez)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below