Alcatel-Lucent peut disparaître, dit son patron Michel Combes

mardi 15 octobre 2013 09h04
 

PARIS, 15 octobre (Reuters) - Alcatel-Lucent peut disparaître après avoir été déficitaire sans discontinuer depuis 2006 faute d'avoir su prendre des virages technologiques nécessaires, a déclaré mardi son directeur général Michel Combes.

Le groupe franco-américain a annoncé il y a une semaine son intention de supprimer 10.000 postes dans le monde, dont 900 en France, dans le cadre d'un nouveau plan stratégique présenté comme celui de la dernière chance. (voir )

Les syndicats du groupe ont appelé à une journée de manifestation ce mardi à Paris contre les suppressions de postes et les fermetures de sites prévues en France.

"Cette entreprise peut disparaître", a déclaré Michel Combes sur Europe 1.

"Le plan fixe des objectifs qui sont indispensables à la survie de l'entreprise (...) mais peut évidemment être amélioré. C'est l'objet du dialogue social qui s'ouvre aujourd'hui", a-t-il ajouté, précisant qu'il se donnait quatre mois pour négocier les modalités et le calendrier du plan.

Michel Combes, qui a pris les rênes d'Alcatel-Lucent au début avril, a dit avoir renoncé à un plan de son prédécesseur Ben Verwaayen visant à cesser complètement les activités françaises du groupe.

En France, où se trouve le siège d'Alcatel, environ 900 postes pourraient être supprimés dès 2014 selon le plan annoncé le 8 octobre. Les syndicats, qui s'attendaient à des annonces difficiles, ont cependant été surpris par les projets de fermeture de plusieurs sites.

Toulouse et Rennes, qui emploient respectivement 100 et 110 personnes, devraient être fermés rapidement. Trois autres implantations du groupe à Eu (Seine-Maritime), Ormes (Loiret) et Orvault (Loire-Atlantique) ont vocation à être cédées d'ici 2015, Alcatel ayant l'intention de concentrer ses activités sur les sites de Villarceaux (Essonne) et Lannion (Côtes-d'Armor)

"L'entreprise souffre d'une dispersion de ses forces, d'une dispersion de ses sites, ce qui nous amène aujourd'hui à avoir un nombre de sites trop importants avec une taille insuffisante qui ne nous permet pas d'assurer l'évolution de l'emploi sur chacun de ces sites", a expliqué Michel Combes sur Europe 1.

Les syndicats CFDT, CFE-CGC et CGT appellent les salariés français du groupe à défiler à Paris jusqu'au siège de la société près de la tour Eiffel, où un pique-nique est prévu. (Cyril Altmeyer, avec Gwénaelle Barzic, édité par Dominique Rodriguez)