Veolia-Forte croissance en vue dans les déchets toxiques

jeudi 25 avril 2013 13h47
 

PARIS, 25 avril (Reuters) - Veolia Environnement prévoit une croissance annuelle de 10% de ses activités de traitement et recyclage de déchets industriels spéciaux dans les quatre à cinq prochaines années, a déclaré jeudi son PDG Antoine Frérot.

Le numéro un mondial du traitement de l'eau et des déchets prévoit en outre d'investir jusqu'à 100 millions d'euros par an dans des sites de traitement de ces déchets dangereux, qui incluent des solvants, des résidus de l'industrie chimique et pharmaceutique ou encore des batteries.

Les déchets spéciaux ont représenté pour le groupe un chiffre d'affaires d'environ 800 millions d'euros en 2012, a indiqué Antoine Frérot lors d'une conférence de presse.

Sans préciser les marges enregistrées par cette activité, il a toutefois indiqué qu'elles étaient supérieures aux autres divisions du groupe et que les résultats de la branche devraient progresser de 15% par an au cours des prochaines années.

Veolia a déjà investi jusqu'à 100 millions d'euros par an ces dernières années dans son activité de traitement et recyclage de déchets spéciaux, principalement en Europe, mais a également consacré environ 20 millions l'an dernier à une première usine en Chine.

La société noue aujourd'hui des partenariats avec des chimistes, des groupes pharmaceutiques ou encore des constructeurs automobiles pour traiter leurs déchets et les revendre sous forme recyclée en tant que matière première ou combustible.

Alors que le traitement des déchets se fait aujourd'hui au niveau des bassins industriels, Veolia juge que leur transformation en nouvelles ressources nécessite une organisation industrielle à l'échelle continentale.

Le groupe estime que le marché européen des déchets spéciaux représente un gisement annuel de 35 millions de tonnes et souligne qu'il n'en traite actuellement que trois millions par an sur ses sites français, suisses, britanniques, allemands et d'Europe de l'Est.

Veolia ne paie pas les déchets spéciaux qu'il transforme mais prévoit qu'à mesure que les volumes augmenteront, les industriels percevront de plus en plus leurs déchets comme des produits transformables et donc vendables.

"Comme le producteur des déchets est souvent aussi celui qui nous achète les matières nouvelles, très rapidement il comprend que, dans son déchet, il y a une valeur. Donc, l'équation économique (...) doit être partagée entre notre client-fournisseur et nous-mêmes", a déclaré Antoine Frérot.

Les constructeurs automobiles PSA Peugeot Citroën et Renault, le groupe minier Eramet ou les laboratoires suisses Novartis et Roche comptent parmi ses clients. (Geert De Clercq, Benjamin Mallet pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)