LEAD 1-La facture France Télécom plonge le FSI dans le rouge

vendredi 8 mars 2013 11h45
 

* Dépréciation de E2,4 mds sur France Télécom

* Dépréciation de E277 mlns sur Hime-Saur

* Perte nette de 2 mds d'euros pour le FSI en 2012 (Actualisé avec précisions)

PARIS, 8 mars (Reuters) - Le Fonds stratégique d'investissement (FSI) a annoncé vendredi avoir passé une dépréciation de 2,4 milliards d'euros sur sa participation dans France Télécom, faisant basculer ses comptes dans le rouge en 2012.

Le FSI, qui a reçu de l'Etat 13,67% du capital de France Télécom lors de sa création en 2008, indique dans un communiqué qu'il valorise désormais le titre de l'opérateur télécoms historique français à 9,2 euros contre une valeur d'apport par l'Etat de 16 euros, confirmant des informations de Reuters. (voir )

"Le FSI, premier actionnaire de France Télécom, (...) a décidé de déprécier cette participation pour un montant de 2,4 milliards d'euros en raison du parcours boursier du titre en 2012", fait savoir le FSI.

A la Bourse de Paris, l'action France Télécom, dont l'Agence des participations de l'Etat (APE) détient de son côté 13,45% du capital, a perdu 31% de sa valeur en 2012 du fait des difficultés des opérateurs télécoms en Europe et de l'irruption de Free sur le marché de la téléphonie mobile en France, après un précédent repli de 22% déjà en 2011.

Le FSI, qui indique aussi avoir passé une dépréciation sur sa participation dans Hime-Saur de 277 millions d'euros, affiche ainsi une perte nette de deux milliards d'euros pour l'exercice 2012 contre un bénéfice de 608 millions d'euros un an plus tôt.

Le fonds, qui est détenu à 51% par la Caisse des dépôts (CDC) et 49% par l'Etat, assure avoir toujours les moyens d'investir dans les entreprises malgré ces dépréciations.

"Les dépréciations de lignes de participation apportées, comme les bénéfices distribués aux actionnaires, ont un impact sur les capitaux propres mais n'obèrent pas la trésorerie indispensable à la poursuite de la mission du FSI", souligne ainsi la filiale de la CDC.

Le FSI fait partie des trois entités de financement apportées à la nouvelle Banque publique d'investissement (BPI), créée en fin d'année dernière par le gouvernement. Oséo et CDC Entreprises sont les deux autres apports à la BPI. (Blandine Hénault et Matthieu Protard, édité par Cyril Altmeyer)