27 février 2013 / 06:53 / il y a 5 ans

LEAD 4-Année de transition pour EADS, l'A350 surveillé de près

* Croissance “modérée” du C.A. prévue en 2013

* Ebit avant exceptionnels attendu à E3,5 mds contre E3,0 mds en 2012

* Résultats 2012 supérieurs aux attentes

* Forte hausse du titre

* Pas question de réactiver la fusion avec BAE (Actualisé avec conférence téléphonique analystes, cours)

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS/BERLIN, 27 février (Reuters) - EADS a annoncé mercredi tabler sur une nouvelle amélioration de sa rentabilité en 2013, portée par des livraisons record de sa filiale Airbus, le programme du futur long-courrier A350 demeurant le seul risque potentiel majeur du groupe.

La croissance du chiffre d‘affaires du groupe européen d‘aérospatiale et de défense devrait toutefois être “modérée” cette année, sous l‘effet de la baisse des livraisons du très gros porteur A380, qui devra subir des réparations liées à des fissures découvertes sur ses ailes début 2012.

EADS, qui a bénéficié en 2012 d‘un doublement de la rentabilité d‘Airbus, table pour 2013 sur un bénéfice d‘exploitation avant exceptionnels de 3,5 milliards d‘euros, après un bond de 68% à 3,0 milliards en 2012, malgré des charges chez Eurocopter et Cassidian (défense et sécurité).

Vers 13h20, l‘action s‘adjugeait 6,8% à un record de 37,235 euros, affichant la deuxième plus forte hausse du CAC 40. Le titre a pris 26% depuis le début de l‘année, après un gain de 22% en 2012.

“La prévision de chiffre d‘affaires est largement en ligne avec les attentes, mais l‘objectif de bénéfice d‘exploitation est supérieur d‘environ 6% aux prévisions et reflète l‘anticipation d‘une meilleure exécution de la part de la direction”, souligne Barclays dans une note.

EADS soumettra le 27 mars à ses actionnaires la nomination de Denis Ranque, l‘ex-patron de Thales, à la tête d‘un conseil d‘administration remanié en profondeur à la suite de la réorganisation du capital décidée lors d‘un accord conclu début décembre 2012.

La direction d‘EADS aura ensuite les coudées franches pour présenter dans les mois qui suivront un nouveau plan stratégique, chargé de succéder au plan Vision 2020, qui a tenté en vain de rééquilibrer les activités civiles et militaires d‘EADS et diminuer le poids d‘Airbus dans ses résultats.

La révision stratégique en cours devrait être achevée cet été, a précisé le président exécutif d‘EADS Tom Enders lors de la conférence de presse présentant les résultats.

Ressusciter le projet de fusion avec BAE Systems n‘est “certainement pas sur notre écran radar”, a-t-il précisé, quelques mois après l‘échec de la tentative de rapprochement entre les deux groupes attribué à un veto de l‘Allemagne.

Il a souligné qu‘EADS était satisfait de la part de la défense dans son chiffre d‘affaires et qu‘il n‘était pas question d‘abandonner ce segment d‘activité malgré la réduction des dépenses en Europe et en Amérique du Nord.

“Nous avons du temps, nous ne sommes pas désespérés”, a-t-il souligné.

AUCUNE MARGE DE FLEXIBILITÉ SUR L‘A350

Tom Enders a également noté qu‘il restait du chemin à parcourir pour atteindre les objectifs de rentabilité du groupe, à savoir une marge opérationnelle de 10% pour EADS et Airbus en 2015 en excluant le développement de l‘A350.

Le calendrier du futur long-courrier, dont le premier vol est prévu cet été et la mise en service au second semestre 2014, ne laisse “aucune marge de flexibilité”, prévient EADS.

“Il est très difficile de prévoir à ce stade si on est arrivé en haut de la colline ou s‘il reste des obstacles importants sur la route”, a expliqué Tom Enders. “Nous nous sommes brûlés les doigts sur l‘A380 et d‘autres programmes”.

Airbus a renoncé à la mi-février à équiper l‘A350 de batteries lithium-ion, après plusieurs incidents ayant conduit à l‘immobilisation de la flotte de 787 de Boeing en janvier, leur préférant des batteries traditionnelles au nickel-cadmium.

L‘avionneur pourrait revenir “à l‘avenir” aux batteries lithium-ion pour l‘A350, une fois que la technologie sera plus mûre, que les causes des incidents seront connues et que des mesures correctives auront été prises, a précisé Tom Enders.

Aucune décision n‘a été prise à ce stade sur l‘ouverture d‘une deuxième usine d‘assemblage final de l‘A350 en plus de celle inaugurée à Toulouse en octobre dernier, a-t-il également précisé.

Les deux points noirs pour EADS en 2013 devraient être les effets de change, avec le renforcement de l‘euro face au dollar, et un impact évalué à environ 85 millions d‘euros pour la réparation des fissures de l‘A380 sur la base de 25 livraisons prévues en 2013, contre 30 en 2012.

EADS a réalisé en 2012 un chiffre d‘affaires de 56,48 milliards d‘euros, en hausse de 15% et son bénéfice net a progressé de 19% à 1,228 milliard d‘euros, au-dessus des attentes, permettant à EADS de proposer un dividende de 0,60 euro par action au titre de 2012 contre 0,45 euro pour 2011.

Airbus anticipe pour cette année 700 commandes brutes - après avoir largement dépassé son objectif avec 914 commandes en 2012 - et entre 600 et 610 livraisons, un record après 588 unités sorties de ses usines l‘an passé.

Le communiqué :

link.reuters.com/xep36t

La présentation :

link.reuters.com/byp36t

Lire aussi :

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