De grosses charges comptables en vue pour les banques US au T4

dimanche 13 janvier 2013 15h23
 

13 janvier (Reuters) - A l'approche de la publication des résultats des grandes banques de Wall Street, les analystes et investisseurs se préparent à de lourdes charges comptables liées à l'évolution des spreads de crédit de ces établissements.

Avec l'amélioration du marché de la dette d'entreprise, les obligations émises par les banques prennent de la valeur que celles-ci sont tenues d'inscrire sous forme d'ajustements comptables. Ces charges reflètent le fait que racheter leur dette leur reviendrait plus cher, alors qu'à l'inverse elles peuvent inscrire des gains exceptionnels dans leurs comptes lorsque la valeur de leurs obligations diminue.

Sur la base de l'évolution du marché du crédit, ces ajustements de la valeur de la dette pourraient se traduire par une charge allant jusqu'à un milliard de dollars pour Morgan Stanley et des charges comprises entre 250 et 500 millions pour JPMorgan Chase & Co et Citigroup, calcule Dmitry Pugachevsky, directeur de recherche au cabinet d'analyse Quantifi.

Bank of America a d'ores et déjà fait savoir que ses comptes du quatrième trimestre incluraient une charge d'environ 700 millions de dollars liée au resserrement de ses spreads.

Selon les données de la firme de recherche Markit, les swaps de défaut de crédit (CDS) de Bank of America ont reculé de 0,43 point, ou 24%, au cours du trimestre. Les CDS mesurent le coût de la protection d'un émetteur contre un défaut, et leur baisse indique un moindre risque de défaut.

Introduits en 2008 aux Etats-Unis, ces ajustements de la valeur de la dette appelés DVA (debt valuation adjustments) ont permis aux banques d'améliorer leurs bénéfices alors même qu'elles étaient sanctionnées sur les marchés obligataires.

Les différentes banques y voient un facteur de stabilité pour leurs résultats mais les investisseurs et analystes y accordent de moins en moins d'attention.

Les DVA "ne reflètent pas vraiment l'état réel des résultats ou de la situation de la banque, mais ils jouent sur les résultats", convient Dmitry Pugachevsky.

Les CDS de Morgan Stanley et de Citigroup ont baissé de 24% au dernier trimestre selon Markit, et ceux de JP Morgan de 26%. Pour Goldman Sachs Group, la baisse est de 22% mais Dmitry Pugachevsky ne s'attend pas à ce que la firme de Wall Street annonce une grosse charge liée à la valeur de sa dette car elle a l'habitude de se couvrir contre les variations de cet indicateur, contrairement aux autres banques. (Lauren Tara LaCapra, Véronique Tison pour le service français)