26 juillet 2012 / 11:31 / dans 5 ans

Dassault Aviation monte au créneau pour soutenir Thales

* Le PDG de Dassault dénonce les “Cassandre”

* Le patron de Thales contesté en interne

* CA de Dassault Aviation +46% à E1,9 md au S1

* Livraison de 34 Falcon au S1 2012 contre 19 au S1 2001

par Cyril Altmeyer

SAINT-CLOUD, Hauts-de-Seine, 26 juillet (Reuters) - Au moment où le PDG de Thales est contesté en interne, le patron de Dassault Aviation, premier actionnaire industriel du groupe, a dénoncé jeudi les “Cassandre” cherchant selon lui à destabiliser une nouvelle fois l’équipementier.

Au printemps 2011, Charles Edelstenne, emblématique PDG de l‘avionneur, avait déjà dû défendre Luc Vigneron, le patron de Thales, qui essuyait une volée de critiques après l‘annonce d‘une lourde perte annuelle liée à des contrats non performants.

Cette fois, ce sont les principaux syndicats de Thales qui réclament la tête de Luc Vigneron, qui prépare les cessions des activités de services informatiques et de radiologie.

Luc Vigneron a annoncé mercredi soir un profond remaniement de la direction du groupe au moment où Thales, placé au coeur du secteur de la défense par Nicolas Sarkozy, pourrait pâtir d‘une prise de distance du gouvernement actuel avec Dassault Aviation.

L‘Etat détient 27% de Thales et Dassault Aviation 26%.

Thales a publié mercredi soir des résultats semestriels supérieurs aux attentes grâce au constructeur militaire naval DCNS, et a confirmé viser une nouvelle amélioration de sa marge opérationnelle à 6% cette année. (Voir )

“Malgré toutes les déclarations de tous les Cassandre sur le futur de cette société (”elle va à la catastrophe, c‘est la faillite assurée“), aujourd‘hui, les commandes sont là, le chiffre d‘affaires est là et le résultat est là aussi”, a martelé Charles Edelstenne lors d‘une conférence de presse pour la présentation des résultats semestriels de Dassault Aviation.

Dénonçant “une démarche de déstabilisation”, Charles Edelstenne a souligné que Thales était en train de redevenir une société “normale”, redisant son ambition d‘en faire un groupe essentiel dans la défense en Europe.

Thales a notamment pour ambition d‘entrer au capital du groupe public Nexter, fabricant du char Leclerc, un timide premier pas vers une consolidation du secteur de l‘armement terrestre en Europe. Charles Edelstenne a dit ne pas connaître la position du gouvernement actuel sur ce dossier.

“DICTATURE DE L‘ACTIONNARIAT”

Il a mis la grogne chez Thales sur le compte d‘un refus du changement et a rejeté les accusations de “dictature de l‘actionnariat” lancées récemment par la CFDT.

“J‘accepte qu‘il n‘y ait pas de dividende mais c‘est l‘Etat qui exige des dividendes”, a-t-il dit, faisant référence à celui de 0,78 euro par action versé au titre de 2011 par Thales. “Quand on est en crise, on ne discute pas de dividende mais l‘Etat en a besoin.”

Il reste à savoir quelle attitude va adopter le nouveau gouvernement face à Dassault Aviation, qui avait su se rendre incontournable dans le secteur de la défense sous l’ère Sarkozy.

Pendant sa campagne présidentielle, François Hollande avait stigmatisé les “intérêts privés ou financiers” régnant dans le secteur de la défense, une déclaration considérée comme visant Dassault.

Charles Edestenne a assuré à Reuters que ses relations avec le nouveau pouvoir se déroulaient bien.

“J‘ai l‘habitude de travailler avec des gouvernements socialistes. Chaque fois que je demande un rendez-vous, je suis reçu”, a-t-il dit. “Ils ne peuvent pas se faire un ennemi d‘une société qui représente une certaine activité en France.”

Dassault Aviation, qui a publié jeudi matin un bond de 46% de son chiffre d‘affaires semestre à 1.929 millions d‘euros grâce à la livraison de 34 avions d‘affaires Falcon, a “bon espoir” de vendre des Rafale à l‘Inde, a dit Charles Edelstenne.

L‘Inde a annoncé fin janvier l‘ouverture de négociations exclusives en vue de l‘achat de 126 avions de combat français, un contrat évalué à quelque 11 milliards d‘euros. Une annonce est espérée à l‘automne.

Charles Edelstenne s‘est en revanche refusé à tout commentaire sur les négociations avec les Emirats arabes unis en vue l‘achat de 60 Rafale, qui ont connu des hauts et des bas.

Lors du salon aéronautique de Farnborough, qui s‘est déroulé près de Londres début juillet, le britannique BAE Systems avait dit noter un “véritable” intérêt des Emirats pour l‘Eurofighter, l‘avion de combat européen rival, auquel participent aussi EADS et Finmeccanica.

Les négociations entre la France et les Emirats n‘ont pas abouti avant la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, tandis que le nouveau gouvernement n‘est en fonctions que depuis mai. (Edité par Dominique Rodriguez)

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