July 18, 2012 / 12:58 PM / 5 years ago

Telcos-La guerre des prix aura des conséquences sur l'emploi-Richard

4 MINUTES DE LECTURE

PARIS, 18 juillet (Reuters) - La baisse du chiffre d'affaires et des marges des opérateurs historiques provoquée par l'arrivée de Free sur le marché français du mobile ne pourra rester sans conséquence sur l'emploi, estime mercredi le PDG de France Télécom Stéphane Richard dans un entretien au Monde.

Le gouvernement a annoncé mardi qu'il préparait une série de mesures de soutiens au secteur pour la rentrée en vue d'éviter des coupes dans les effectifs après des annonces de plans de départ volontaire à SFR, filiale de Vivendi et Bouygues Telecom.

"On ne peut pas tout avoir : les baisses de prix et demander aux opérateurs de faire comme si de rien n'était. Il est logique que certains concurrents commencent à parler de plans d'économies et de réductions d'effectifs", explique Stéphane Richard dans l'entretien.

Le premier opérateur télécoms dans l'Hexagone occupe pour sa part une situation particulière, les revenus dégagés par le mobile en France ne représentant que 25% de son chiffre d'affaires global.

Il a par ailleurs conclu un contrat d'itinérance avec le quatrième entrant Free mobile qui devrait compenser "plus ou moins la moitié de ce que l'on perd sur le marché grand public", a indiqué le PDG.

S'il exclut tout plan social, l'opérateur, dont une partie des salariés ont un statut de fonctionnaire, confirme en revanche son intention de ne pas remplacer une partie des 30.000 départs à la retraite prévus au sein du groupe d'ici 2020.

L'ampleur exacte de ces non-remplacements, que Stéphane Richard n'a pas souhaité chiffrés, sera dévoilée d'ici la fin de cette année, a poursuivi le PDG, qui a également précisé que le rythme des recrutements serait "sensiblement" inférieur à celui de ces trois dernières années au cour desquelles France Télécom a embauché 10.000 personnes.

Etat Des Lieux Sur Les Centres D'appel

Le gouvernement a reçu mardi les quatre opérateurs dans le cadre d'une réunion de travail.

"On a fait part sans fard de la situation. Je crois que le gouvernement a l'intention de regarder s'il y a pas un certain nombre de mesures qu'on peut envisager pour limiter l'impact sur l'emploi", a déclaré Stéphane Richard lors d'une audition devant les commission des Affaires économiques et du développement durable du Sénat.

Parmi les mesures en réflexion, figurent notamment un assouplissement de la Loi Chatel qui comporte plusieurs mesures de protection des consommateurs, dont la possibilité au bout d'un an d'engagement de résilier en s'acquittant de seulement 25% des montants restant dus à l'opérateur.

Les appels téléphoniques vers les services clients, pour lesquels le temps d'attente est aujourd'hui gratuit, pourraient également redevenir en partie payants, à la condition que les emplois dans les centres d'appels soient basés en France.

Devant les sénateurs, Stéphane Richard a de nouveau fait part de son scepticisme sur la possibilité de "relocaliser" en France les centres d'appel, évoquant notamment la difficulté de faire travailler des personnels français le soir, le week-end et les jours fériés.

Il a appelé à un état des lieux sur le sujet afin de faire la lumière sur la part des emplois localisés à l'étranger dans les centres d'appel. (Gwénaëlle Barzic, édité par Jean-Michel Bélot)

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