6 avril 2012 / 15:32 / il y a 5 ans

Wall Street à l'épreuve des résultats de sociétés

par Ryan Vlastelica

NEW YORK, 6 avril (Reuters) - La saison des résultats trimestriels d'entreprises débute la semaine prochaine aux Etats-Unis et les perspectives en la matière sont loin d'être aussi brillantes que lors des trimestres précédents, une perspective peu encourageante pour des investisseurs doutant déjà que Wall Street ait pris acte du récent ralentissement de l'économie.

Début octobre, les analystes anticipaient une croissance des bénéfices des sociétés cotées de plus de 10% au premier trimestre. Cette prévision a été réduite de plus des deux tiers alors que, dans le même temps, l'indice S&P-500 gagnait 27%.

Certains observateurs redoutent que l'intérêt acheteur ne soit plus assez soutenu pour assurer une poursuite de la hausse du marché, surtout après les statistiques de l'emploi décevantes publiées vendredi : le nombre d'emplois créés a été largement inférieur aux prévisions en mars aux Etats-Unis. (voir )

Les futures des indices de Wall Street ont perdu 1% au cours d'une séance très brève. Le marché cash est fermé pour le Vendredi saint.

Il sera intéressant pour les gérants de fonds de voir comment les entreprises ont composé avec un environnement économique mitigé au vu des récentes statistiques et avec le regain de craintes relatives à la situation économique et budgétaire de l'Europe.

"Si les déclarations des équipes dirigeantes laissent penser que les entreprises tiennent bon malgré le ralentissement visible des économies européennes, ce sera très encourageant pour la Bourse", commente John Carey (Pioneer Investment Management).

"En revanche, si les commandes baissent ou si les dépenses de consommation paraissent ne pouvoir tenir dans le temps, ça risque de peser sur la capacité de fixer les prix, et d'aboutir à une révision des prévisions".

Les bénéfices des sociétés du S&P-500 devraient avoir augmenté de 3,2% seulement au premier trimestre 2012, selon des données Thomson Reuters, après +9,2% au dernier trimestre 2011 et un bond de près de 11% au premier trimestre de l'an passé.

Les analystes n'ont cessé de revoir à la baisse leurs projections ces derniers mois mais le rapport entre les révisions à la baisse et celles à la hausse à tendu à s'équilibrer en mars, observe Bank of America-Merrill Lynch dans uns note.

Cela indique que "les analystes continuent de réduire les prévisions, mais de manière moins soutenue".

DES INVESTISSEURS HABITUÉS AUX BONNES NOUVELLES

Les données de StarMine, une filiale de Thomson Reuters, montrent que la plupart des secteurs sont dans une phase de révision à la baisse des prévisions, télécoms et ressources naturelles en tête.

"Nous pensons qu'il est prématuré d'évoluer vers un signal positif à court terme au vu des tendances préoccupantes concernant les projections de résultats et des révisions des chiffres d'affaires", observe Bank of America-Merrill Lynch.

Comme à l'habitude, l'aluminier Alcoa donnera le coup d'envoi de la saison mardi après la clôture de Wall Street. Google, JPMorgan Chase et Wells Fargo, entre autres, doivent également publier leurs comptes la semaine prochaine.

Pour Tobias Levkovich (Citigroup), la saison des résultats risque de représenter le prochain obstacle pour des investisseurs "trop habitués" à de bonnes surprises.

Quoi qu'il en soit, le deuxième trimestre commence assez mal: l'indice S&P-500 a clos la première semaine du trimestre sur une perte de 0,7%, sa pire performance hebdomadaire depuis décembre.

Il avait pourtant terminé lundi à son meilleur niveau depuis la mi-mai 2008 lundi, au terme de la première séance du trimestre.

Sur l'ensemble de cette semaine écourtée, le Dow Jones a perdu 1,2% et le Nasdaq Composite 0,4%.

Les avertissements ont dominé la pré-saison: sur 121 "pré-annonces" concernant les résultats du deuxième trimestre, 68% sont négatives contre 58% au premier trimestre 2011. "Ces anticipations revues à la baisse laissent plus de champ à de bonnes surprises", tempère Michael Mullaney (Fiduciary Trust).

Mais le marché craint d'une manière générale que la récente poussée de croissance fasse long feu et que la demande retombe après un hiver anormalement doux.

"Les résultats devraient être faibles ce trimestre et si on exclut Apple, c'est encore pire. Ça pourrait être un sacré boulet, d'autant que l'environnement macroéconomique est loin d'être plaisant", résume Michael Mullaney. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below