March 22, 2012 / 9:14 AM / 5 years ago

LEAD 2-Dassault Aviation retient son souffle concernant le Rafale

6 MINUTES DE LECTURE

* CA 2012 prévu stable comparé aux E3,3 mds de 2011

* Pas de reprise du marché des avions d'affaires avant fin 2012

* Prévoit de livrer 65 Falcon en 2012 contre 63 en 2011

* Le PDG serein face à une éventuelle victoire de Hollande

* Le dossier Thales-Nexter gelé avant la présidentielle (Actualisé avec conférence de presse)

par Cyril Altmeyer

SAINT-CLOUD (Hauts-de-Seine), 22 mars (Reuters) - Dassault Aviation s'est muré jeudi dans un "silence total" concernant l'avancée des négociations en vue d'une vente du Rafale à l'Inde et aux Emirats arabes unis, susceptibles de signer ce fameux premier contrat à l'export de l'avion de combat tricolore que la France espère depuis des années.

L'avionneur a dit tabler pour 2012 sur un chiffre d'affaires comparable à celui de l'an passé, qui a largement bénéficié du contrat de modernisation des Mirage 2000 de l'Inde et de 36 prises de commandes d'avions d'affaires Falcon en partie grâce aux clients chinois, au lieu d'un solde négatif en 2010.

Dassault Aviation, qui a vu ses prises de commandes plus que doubler en 2011 à 2,86 milliards d'euros dont 83% à l'export, s'est montré très prudent sur les perspectives du marché de l'aviation d'affaires, sa principale source de revenus.

"Avant la fin de l'année, il n'y aura pas de véritable redémarrage important sur l'aviation d'affaires", a déclaré son PDG Charles Edelstenne lors d'une conférence de presse.

Il a cité l'attentisme prévalant en Amérique du Nord avant l'élection présidentielle de novembre et l'absence de reprise en l'Europe du Sud et au Moyen-Orient, ne laissant comme marchés dynamiques que la Chine, l'Amérique du Sud et, dans une moindre mesure, la Russie.

L'avionneur, dont le chiffre d'affaires a baissé de 21% à 3,305 milliards d'euros en 2011, compte livrer 65 avions d'affaires Falcon en 2012, contre 63 en 2011, et vise à nouveau 11 livraisons de Rafale cette année, conformément au plan de marche conclu avec l'armée française.

L'ANNÉE DE TOUS LES RAFALE ?

Pour Dassault Aviation, l'année 2012 pourrait être celle du premier contrat à l'export pour le Rafale.

L'Inde a annoncé fin janvier l'ouverture de négociations exclusives en vue de l'achat de 126 Rafale, un contrat évalué à quelque 11 milliards d'euros, ce qui a réactivé l'intérêt du Brésil pour cet appareil.

Parallèlement, la perspective d'une commande de 60 unités de la part des Emirats arabes unis a récemment refait surface, avec par ricochet un éventuel intérêt du Qatar et du Koweït voisins. La Suisse pourrait de son côté s'intéresser à nouveau au Rafale, après avoir dans un premier temps jeté son dévolu sur des Gripen de Saab.

Face à cette convergence de signaux positifs, Charles Edelstenne s'est refusé à tout commentaire sur les discussions en cours.

"Je ne vais pas mettre sur la place publique la définition, le prix, la discussion sur les offsets (compensations, NLDR), c'est une plaisanterie !", a-t-il dit lancé.

Charles Edelstenne, qui aura 75 ans en janvier 2013, la limite d'âge selon les statuts de Dassault Aviation, n'a pas souhaité non plus dire s'il souhaitait négocier avec les actionnaires un maintien à la tête du groupe.

"Je vous le dirai en temps opportun", a-t-il simplement dit.

A un mois du premier tour de l'élection présidentielle, il s'est montré serein quant à une éventuelle victoire en mai du socialiste François Hollande, qui s'est dit déterminé à ne pas laisser des intérêts privés décider de l'avenir des grands groupes industriels de défense.

L'équipementier Thales, dont Dassault Aviation est le premier actionnaire industriel avec 26% du capital, se profile comme le pivot de la consolidation du secteur français de la défense, avec une montée avant Noël à 35% dans le constructeur militaire DCNS, qu'il consolide désormais dans ses comptes.

Thales prépare parallèlement un projet d'échange de sa division munitions contre une entrée au capital du groupe d'armement terrestre Nexter, le fabricant du char Leclerc, mais ce dossier est "complètement gelé" avant la présidentielle, a précisé Charles Edelstenne.

Hors Thales, Dassault Aviation a subi en 2011 un recul de 29% de son bénéfice net à 282 millions d'euros, avec une marge nette en baisse de 0,9 point à 8,5%. Mais en intégrant Thales, son bénéfice net ressort en hausse de 10% à 407 millions d'euros l'an passé, et sa marge nette de 3,4 points à 12,3%.

L'avionneur, dont l'actionnaire majoritaire est le Groupe industriel Marcel Dassault (GIMD) avec 50,55% du capital, prévoit de verser un dividende de 8,50 euros par action au titre de 2011 contre 10,70 euros pour 2010.

L'action Dassault Aviation, dont le flottant ne représente que 3% du capital, cédait 0,56% à 706 euros vers 14h45 à la Bourse de Paris, dans un marché en baisse (-1,6% pour le CAC 40 et pour le SBF 120 ). (Avec Gwénaëlle Barzic, édité par Jean-Michel Bélot)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below