March 18, 2012 / 7:58 PM / 5 years ago

MARCHÉS-Les thèmes à retenir la semaine prochaine

6 MINUTES DE LECTURE

LONDRES, 18 mars (Reuters) - Voici les grands thèmes susceptibles de s'imposer aux traders et aux investisseurs dans la semaine qui vient:

1/ Avancer D'un Pas Prudent

L'échange de dette grecque et les meilleures perspectives économiques américaines ont rassuré les investisseurs, si bien que les valeurs européennes ont pris environ 10% depuis le début de l'année et les marchés d'actions outre-Atlantique ont crû davantage encore. Les banques paraissant rassasiées par les deux injections massives de liquidités de la Banque centrale européenne, qu'est-ce qui pourrait bien clocher?

Et pourtant, certains signaux d'avertissement sont à noter. Sur les Bourses, l'indice Vix de la volatilité, qui a fortement plongé au cours de la semaine au 13 mars, a depuis marqué une pause, ce qui amène certains à spéculer sur un possible retournement de la tendance du marché. Enfin, le pétrole, s'il s'éloigne de ses pics, est toujours à un niveau susceptible d'affecter les prévisions de croissance et de justifier la libération de réserves stratégiques.

2/ Pas Si Vite

Les rendements de la dette allemande et américaine ont certes nettement progressé à mesure que les perspectives économiques mondiales se sont améliorées et que la Grèce a évité un défaut désordonné, mais peu d'investisseurs sont prêts à parier sur une baisse prolongée sur le marché obligataire.

Les rendements du papier allemand à dix ans ont seulement récemment franchi le seuil de 2%, et tandis que ceux de la dette américaine ont touché des plus hauts de cinq mois et demi, les acheteurs sont rapidement revenus, signe d'un appétit encore solide pour les actifs jugés peu risqués. La zone euro pourrait certes avoir évité le pire sur le dossier grec, mais la question reste à présent de savoir si le Portugal devra à son tour restructurer sa dette, une inquiétude qui maintient le rendement de ses obligations souveraines à des niveaux insoutenables.

Enfin, sur le front macroéconomique, l'amélioration des perspectives n'est pas également répartie à travers la zone euro, dans la mesure où les pays de la périphérie glissent de nouveau dans la récession, étranglés par leurs mesures d'austérité. Les investisseurs surveilleront donc attentivement les chiffres de l'activité manufacturière jeudi pour déceler si la reprise économique filtre jusqu'aux pays fragilisés, qui en ont fortement besoin pour sortir de la spirale de la dette.

3/ Qui Devra Payer L'addition

Les banques européennes ayant subi de lourdes décotes sur leurs titres de dette souveraine grecque lors de l'échange obligataire organisé par Athènes sauront dans la semaine combien elles toucheront sur les CDS grecs qu'elles détiennent. A 3,18 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros), l'encours total de ces assurances contre un défaut de la Grèce ne pose pas de risque systémique majeur. Mais la question est désormais de savoir qui a distribué ces contrats et devra les honorer.

Si les liquidités fournies par la BCE ont apaisé les tensions sur le secteur bancaire, certaines banques européennes jugées plus fragiles sont visées par des ventes à découvert. L'une des plus touchées, l'italienne Banco Popolare, doit publier ses résultats annuels dans la semaine, comme l'assureur italien Generali.

4/ DEVISES RISQUÉES SOUS PRESSION

A mesure que les banques centrales majeures telles la Fed, la BCE et la Banque du Japon ne semblent plus aussi attachées à leurs politiques monétaires ultra-accommodantes, les devises corrélées à la croissance, qui ont fortement progressé cette année grâce à des opérations de carry trade (opérations spéculatives visant à tirer profit d'un écart de rendement, NDLR), devraient de nouveau être sous pression. Toutes ne devraient toutefois pas faiblir : grâce à l'exposition du Canada à l'économie américaine, le dollar canadien devrait rester solide, en particulier face au yen et au dollar australien.

5/ Pressions Inflationnistes

Les marchés de la zone euro n'attendent plus de baisse de taux de la part de la BCE cette année en raison de l'amélioration des perspectives économiques en Allemagne et aux Etats-Unis, et semblent au contraire s'attendre à un resserrement de politique monétaire à long terme.

La BCE ayant signalé dans son dernier bulletin mensuel un risque d'inflation accrue à court terme, les prix à la production en Allemagne attendus jeudi permettront d'évaluer dans quelle mesure la hausse des prix du pétrole nourrit les pressions inflationnistes. (Nigel Stephenson, Natalie Huet pour le service français)

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