Astrium veut une Ariane 5 améliorée en attendant Ariane 6

jeudi 19 janvier 2012 13h44
 

PARIS, 18 janvier (Reuters) - François Auque, président d'Astrium, filiale spatiale d'EADS, a plaidé jeudi pour la poursuite de l'amélioration d'Ariane 5, au lieu d'attendre l'arrivée de son successeur, au plus tôt en 2025, notamment pour préserver ses bureaux d'études.

Astrium, numéro trois mondial derrière les américains Boeing et Lockheed Martin, vise pour 2012 un chiffre d'affaires stable, voire en très légère progression, comparé aux cinq milliards attendus en 2011.

S'y ajouteront les ventes du fournisseur de services de communications mobiles par satellite Vizada, intégré depuis le 19 décembre, et estimées à quelque 500 millions d'euros en 2011.

Les Etats membres de l'Agence spatiale européenne (ESA), actuellement au nombre de 19, devront trancher en novembre prochain lors d'une conférence ministérielle entre la poursuite de l'amélioration d'Ariane 5, sous le nom d'Ariane 5 ME (Mid-Life Evolution), et l'engagement d'un lanceur de nouvelle génération, qui correspondrait à Ariane 6.

"Je lance vraiment un cri d'alarme sur le risque que constituerait le passage à un lanceur nouveau, quel qu'il soit, sans avoir pris l'assurance que constitue Ariane 5 ME", a dit François Auque lors d'une conférence de presse.

"Ariane 5 ME est la seule prime d'assurance raisonnable qu'on peut payer aujourd'hui. Ne pas la payer est un crime, je pèse mes mots, parce qu'aujourd'hui personne ne sait ce qu'est le lanceur de nouvelle génération", a-t-il ajouté.

Les bureaux d'études de lanceurs des Mureaux et de Brême en Allemagne, dépendants d'Ariane 5 ME, se retrouveront en difficulté fin 2012 en cas d'abandon du programme, qui s'ajouterait à l'arrêt du développement de l'ATV (Automated Tranfer Vehicle).

Astrium évalue ses prises de commandes pour 2011 à 3,6 milliards d'euros, en net recul comparé au millésime exceptionnel de 2010, avec un carnet de commandes représentant près de trois ans de chiffre d'affaires, à 14,4 milliards contre 15,8 milliards en 2010.

Le rachat de Vizada, pour 673 millions d'euros, au fonds de capital-investissement français Apax Partners représente la deuxième plus importante acquisition de l'histoire d'EADS, qui cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis d'Airbus. (Voir ) (Cyril Altmeyer, édité par Marc Angrand)