6 février 2009 / 12:37 / il y a 9 ans

SYNTHESE AUTO - Résultats médiocres, les Etats appelés à l'aide

par Chang-Ran Kim et Helen Massy-Beresford

TOKYO/PARIS, 6 février (Reuters) - Les résultats publiés vendredi par Toyota (7203.T) et Volvo (VOLVb.ST) sont à nouveau venus illustrer la morosité du secteur automobile qui doit faire face à la détérioration de la demande et au rétrécissement de l'accès au crédit.

Pour surmonter ces difficultés, les constructeurs multiplient les plans de restructuration, les suppressions de postes et révisent leur production.

Conscients des risques pour leurs économies et pour l'emploi, les gouvernements tentent de répondre par des aides publiques ou des mesures incitatives.

Vendredi, c'est le gouvernement italien qui a choisi cette voie, proposant une "prime à la casse" de plus de 1.500 euros pour les véhicules de plus de dix ans.

Vendredi, Toyota a indiqué qu'il anticipait une perte annuelle trois fois supérieure à celle qu'il estimait il y a six semaines, notamment parce que le premier constructeur mondial peine à réduire suffisamment vite sa production. [ID:nL6576671]

BMW (BMWG.DE) a pour sa part annoncé que son résultat imposable serait positif en 2008 et ce malgré une baisse de 5% de son chiffre d'affaires dans un contexte de crise aiguë du secteur automobile, tout en prévenant que son segment automobile avait vu son chiffre d'affaires reculer de 9,4% sur l'ensemble de l'exercice. [ID:nL6561254]

Selon une source, les ventes de son compatriote allemand Volkswagen (VOWG.DE) ont chuté de près de 20% en janvier. Celles d'Audi, filiale de VW, ont plongé de 28,6% au premier mois de l'année.

TOYOTA DEGRADÉ

Celles de Toyota sont également particulièrement médiocres. Au mois dernier, elles ont fondu de 34% aux Etats-Unis, son premier marché, et de 23% au Japon.

Dans son ensemble, le marché américain est revenu à son niveau du début des années 80.

"C'est catastrophique. Les résultats se sont encore détériorés depuis octobre dernier", commente Yoshinori Nagano de Daiwa Asset Management.

Pour la période d'octobre à décembre, le japonais a fait état d'une perte nette d'exploitation de 360,5 milliards de yens (3,08 milliards d'euros) contre un bénéfice de 601,6 milliards de yens un an auparavant. Sa perte nette ressort à 164,6 milliards de yens contre un bénéfice net de 458,7 milliards de yens.

Peu avant cette annonce, l'agence Moody's Investors Service a réduit la note de la dette de Toyota pour la première fois en dix ans, expliquant qu'elle anticipait une longue période de doute pour le numéro un mondial de l'automobile.

L'ACCÈS AU CRÉDIT EN QUESTION

La situation du marché des poids lourds n'est pas plus enviable comme en témoignent les résultats de Volvo qui a accusé une perte d'exploitation inattendue de 999 millions de couronnes suédoises (94 millions d'euros) au quatrième trimestre 2008.

Ce trimestriel médiocre a toutefois été éclipsé par un cash flow positif et par un endettement net relativement faible permettant à l'action du constructeur suédois de prendre plus de 13% à la mi-journée. [ID:nL6551757]

Cette batterie de résultats intervient alors qu'aux Etats-Unis, les équipementiers automobiles réclament à leur tour une aide publique et que le président Obama en appelle à l'adoption rapide de son plan de soutien à l'économie, évalué à 900 milliards de dollars, prédisant une catastrophe si son adoption tardait. [ID:nL691208]

"Toute la question est de savoir si les consommateurs américains seront en mesure d'accéder au crédit", souligne Nagano.

Bob McKenna, président d'une fédération d'équipementiers américains, rappelle que son secteur est lui aussi privé de crédit alors même qu'il doit faire face à une chute des commandes.

"En l'absence d'accès immédiat au crédit, une série de faillites de fournisseurs est inévitable dans les semaines et les mois à venir, ce qui aura des conséquences dévastatrices sur le long terme pour l'économie américaine."

General Motors (GM.N) est actuellement en cours de restructuration, condition fixée pour l'octroi d'une aide publique de 13,4 milliards de dollars, tandis que Chrysler doit prouver sa viabilité au gouvernement avant de recevoir un soutien de l'Etat.

Version française Nicolas Delame

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