6 août 2008 / 18:13 / dans 9 ans

LEAD 1 Dexia - Recentrage de FSA après une nouvelle perte

par Yann Le Guernigou

PARIS, 6 août (Reuters) - Dexia DEXI.PA (DEXI.BR) a annoncé mercredi un recentrage de sa filiale américaine FSA sur son activité la moins risquée, la garantie des obligations des collectivités locales, en même temps que celle-ci dévoilait une nouvelle perte pour le deuxième trimestre 2008.

Le groupe franco-belge a indiqué que FSA abandonnerait l‘assurance des produits titrisés (ABS) et qu‘il assumerait directement la liquidité et le risque de crédit de son activité produits financiers, malmenée par la crise actuelle.

Il a fait part en outre d‘une nouvelle injection de 300 millions de dollars de fonds propres dans sa filiale spécialisée dans le rehaussement de crédit, l‘ensemble de ces mesures devant lui permettre de conserver la notation AAA vitale à son activité et que Moody’s et S&P menaçaient de lui retirer.

Au deuxième trimestre, FSA a été dans le rouge à hauteur de 331 millions de dollars sous l‘impact d‘importantes dépéciations, ce qui porte le cumul de ses pertes à 966 millions de dollars depuis septembre dernier.

En intégrant cette perte, le résultat net, part du groupe, de Dexia pour la période avril-juin est estimé à 539 millions d‘euros, en baisse de 32%, ou 440 millions d‘euros (-37,5%) en excluant les éléments non récurrents. Hors FSA, ce dernier aurait atteint 760 millions.

Numéro trois des rehausseurs de crédit, FSA, qui contribuait en rythme de croisière entre 10% et 15% au bénéfice net de Dexia, avait largement échappé en 2007 à la crise du “subprime” qui a ébranlé ses principaux rivaux mais a été rattrapée depuis le début de l‘année par la dégradation rapide du marché immobilier américain.

CHUTE DU TITRE

Celle-ci a occasionné dans ses comptes des pertes liées notamment à l‘assurance de crédits adossés à des biens immobiliers (Heloc) ou des crédits hypothécaires de second rang, en même temps qu‘elle devait passer d‘importantes dépréciations sur son portefeuille de produits financiers, avec pour conséquence de faire oublier aux yeux des investisseurs l‘image de valeur défensive de Dexia.

Forte d‘un premier métier peu risqué et offrant beaucoup de visibilité, le financement des collectivités locales, la banque franco-belge avait tous les atouts pour tirer son épingle du jeu dans la crise qui sévit depuis l’été dernier.

Après avoir bien résisté dans un premier temps, son cours de Bourse a plongé cette année, perdant plus de la moitié de sa valeur entre le 14 mai, jour de la publication de comptes du premier trimestre décevants, et un plus bas de 7,75 euros touché le 15 juillet.

S‘il a rebondi depuis, il accuse toujours une perte de 41,8% depuis le début de l‘année, sous-performant largement l‘indice DJ Stoxx des banques européennes .SX7P, en repli de 27,6%.

Commentant les mesures annoncées, Axel Miller, l‘administrateur délégué de la banque franco-belge a déclaré que la volatilité et le niveau de risque induits par l‘activité assurance des ABS de FSA dans l‘environnement actuel étaient “incompatibles avec l‘appétit au risque de Dexia”.

Il a indiqué que toutes les options stratégiques avaient été envisagées pour la filiale, y compris une sortie du périmètre de Dexia qui lui a octroyé en juillet une ligne de crédit de cinq milliards de dollars.

INTERETS PRESERVES

“Le scénario retenu est celui qui correspond le mieux pour nous à la stratégie essentielle du groupe, aux perspectives sur le marché américain mais également à la préservation des intérêts patrimoniaux de Dexia”, a-t-il dit.

FSA se consacrera ainsi uniquement à la garantie de “municipal bonds”, un marché dont elle est devenue le premier acteur début 2008 en profitant du fait que les deux leaders du secteurs, MBIA et Ambac, avaient perdu leur note AAA.

La société adaptera sa structure de coûts en conséquence, ce qui passera dans un premier temps par une réduction de 10% de ses effectifs.

En attendant, elle a augmenté ses réserves de près de 1,5 milliard de dollars pour se donner les moyens de faire face à une accentuation éventuelle de la dégradation de l‘immobilier résidentiel aux Etats-Unis.

Compte tenu de ces réserves, le ratio Tier One de Dexia s’établissait à 11,3% à la fin du deuxième trimestre, soit largement plus que l‘objectif de 10,5% visé par le groupe.

Mais si ses fonds propres de base atteignent 15,6 milliards d‘euros, les fonds propres comptables, qui prennent en compte les plus ou moins-values latentes, sont de 8,6 milliards en raison de l’écartement des spreads de crédit, contre 8,9 milliards à fin mars.

La différence entre ces deux soldes est une source d‘inquiétude pour certains analystes, qui ont évoqué dans des études récentes le risque d‘une augmentation de capital pour Dexia. Celle-ci a assuré mercredi que sa position de liquidité n‘avait pas changé et restait “très saine”. /YLG

Edité par Cyril Altmeyer

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