CORR-Air France renonce à son plan de croissance du long-courrier

mardi 3 mai 2016 22h14
 

(Dans le 3e paragraphe, prière de lire DRH au lieu de directeur financier)

PARIS, 3 mai (Reuters) - Air France a annoncé mardi renoncer à son projet d'augmentation de 10% de sa flotte long-courrier d'ici 2020, en l'absence d'un accord avec ses pilotes, se contentant pour l'instant de prendre réception de ses premiers 787 de Boeing.

La compagnie aérienne tourne ainsi le dos aux propositions faites il y a moins de quatre mois, dans une volonté d'apaisement avec ses pilotes avec lesquels ses relations sont tendues depuis la grève dure de septembre 2014 contre un plan avorté de développement de sa compagnie à bas coûts, Transavia, hors de France.

A peine arrivé en fonctions, le nouveau directeur des ressources humaines d'Air France, Gilles Gateau, avait annoncé mi-janvier que la flotte long-courrier rattraperait en 2019 son niveau de 2014, refermant la parenthèse de son "plan B" de l'automne dernier qui prévoyait au contraire un recul de son activité.

Mais ces propositions étaient conditionnées à un accord que le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire, a refusé de signer avant la date butoir fixée lundi, dénonçant une remise en cause de ses règles de rémunération.

La direction, elle, souhaitait que les pilotes renoncent à une partie des hausses de salaires liées à l'augmentation prévue de leurs heures de vol afin d'aider à améliorer la compétitivité de la compagnie, voulant ainsi imiter les compagnies allemande Lufthansa ou néerlandaise KLM.

"Le niveau de croissance et d'activité qui était proposé dans le projet d'accord (+10% en long courrier d'ici 2020) n'engage plus l'entreprise aujourd'hui car cet accord est maintenant caduc", a déclaré Gilles Gateau lors d'une conférence téléphonique.

Air France avait prévu de faire passer sa flotte long-courrier de 104 avions en 2017 à 107 en 2019, soit un niveau qui restait néanmoins inchangé par rapport à celui de 2014, avant d'atteindre 109 appareils en 2020.

"En revanche, on n'est pas dans le retour au plan B. Il y a une volonté d'aller de l'avant en termes de croissance", a ajouté l'ex-directeur de cabinet de Manuel Valls à l'issue du conseil d'administration sur les comptes trimestriels d'Air France-KLM, dont l'Etat français détient 17,6% du capital.   Suite...