Petrobras publie une perte record après des dépréciations

mardi 22 mars 2016 08h01
 

NEW YORK/RIO DE JANEIRO, 22 mars (Reuters) - Petrobras a annoncé lundi soir la plus lourde perte trimestrielle de son histoire, conséquence d'importantes charges de dépréciation liées à la chute des cours du baril et à l'abandon de projets dans le raffinage.

Le groupe pétrolier public brésilien, par ailleurs plongé dans un retentissant scandale de corruption présumée qui menace la présidence de Dilma Rousseff, a enregistré pour le seul quatrième trimestre 2015 une perte nette consolidée de 36,9 milliards de reals (9,07 milliards d'euros), selon un document de référence déposé auprès des autorités boursières.

Plus lourde qu'attendu par le marché (le consensus Reuters la donnait à 9,7 milliards de reals), cette perte est supérieure de 48% à celle du quatrième trimestre 2014, qui marquait le précédent record de l'histoire de l'entreprise.

En conséquence, le résultat net 2015, positif sur neuf mois, est négatif sur l'ensemble de l'exercice, de 34,8 milliards de reals.

Le PDG du groupe, Almir Bendine, a expliqué que, pour la deuxième année consécutive, Petrobras ne verserait aucun dividende à ses actionnaires, l'Etat comme les investisseurs privés, et aucun intéressement à ses salariés.

L'action Petrobras perdait 5,5% dans les transactions hors séance à New York après la publication des comptes.

Sur les 46,4 milliards de reals de charges de dépréciation inscrites dans les comptes du quatrième trimestre, 83% portent concernent la valorisation de gisements pétroliers, affectée par la chute du cours du baril.

Celle-ci a conduit depuis longtemps déjà le groupe à réduire ses investissements, ce qui lui a permis d'améliorer sa situation de trésorerie, positive de 97,8 milliards de reals fin décembre.

Almir Bendine a déclaré lundi que le groupe restait en mesure de générer suffisamment de liquidités pour faire face à sa dette jusqu'à la fin 2017 sans avoir à lever de capitaux, même dans le cas où les cessions d'actifs pour 14 milliards de dollars de cessions prévues cette année ne seraient pas réalisées.

L'endettement net de Petrobras en reals a bondi de 40% en 2015 à 492,8 milliards.

(Jeb Blount à New York, Marta Nogueira et Rodrigo Viga Gaier à Rio de Janeiro; Marc Angrand pour le service français)