Air France pourrait devoir sacrifier de nouvelles lignes-PDG

mercredi 15 juillet 2015 13h08
 

PARIS, 15 juillet (Reuters) - Air France pourrait devoir fermer de nouvelles lignes long-courrier si les négociations prévues à l'automne avec les personnels navigants ne permettent pas de dégager les économies de coûts nécessaires pour s'aligner sur la concurrence, a déclaré mercredi son PDG Frédéric Gagey.

La filiale du groupe franco-néerlandais Air France-KLM a annoncé le 15 juin l'abandon l'hiver prochain de quatre lignes déficitaires et la réduction de fréquences sur d'autres liaisons dans trois pays.

Auditionné par le commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale, Frédéric Gagey a réaffirmé l'objectif de parvenir à terme à 80% de lignes long-courrier rentables contre 50% actuellement.

A la question d'un député sur l'éventualité de nouvelles fermetures de lignes, il a répondu : "Que faire d'autre ? S'il s'avère à l'automne 2015 (...) que nous ne serons jamais sinon comparables, au moins suffisamment proches, pour être dans un état de compétition satisfaisant vis-à-vis de nos concurrents (...), nous devrons passer par des restrictions sur notre réseau long-courrier".

Frédéric Gagey, qui a prévu à la fin septembre un point d'étape sur les négociations avant les syndicats de personnels navigants mais aussi au sol, a souligné que l'objectif d'Air France restait de maintenir, voire de développer son réseau long-courrier.

Il a rappelé qu'Air France visait un bénéfice d'exploitation de l'ordre de 740 millions d'euros en 2017 après des pertes ininterrompues depuis 2008. Air France espérait enfin renouer avec un bénéfice d'exploitation d'environ 140 millions d'euros l'an passé, mais la longue grève des pilotes a une nouvelle fois fait plonger ses comptes dans le rouge.

La compagnie a annoncé le 15 juin engager une procédure en référé contre le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) dans le but d'obtenir la mise en oeuvre chez les pilotes des mesures prévues dans le cadre du plan de restructuration "Transform 2015" qui courait jusqu'à fin 2014.

La situation contraste avec celle de KLM, où le syndicat de pilotes VNV a déjà signé le 8 juillet un accord de productivité inclus dans le plan suivant, "Perform 2020".

Frédéric Gagey a également dit aux députés vouloir développer Transavia, la "low cost" d'Air France-KLM, qui compte 60 avions cet été, en ouvrant de nouvelles lignes au départ de province, mais aussi d'ailleurs en Europe.

Le PDG d'Air France a dit espérer renouer le dialogue social sur ce développement en Europe de Transavia qui avait mis le feu aux poudres en septembre 2014 et provoqué une grève de deux semaines des pilotes qui a coûté plus de 400 millions d'euros à la compagnie. (Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)