LEAD 1-Pictet dévoile ses comptes, une première en 209 ans

mardi 26 août 2014 13h13
 

ZURICH, 26 août (Reuters) - La banque privée suisse Pictet & Cie, objet d'une enquête pour évasion fiscale aux Etats-Unis, a publié mardi ses comptes pour la première fois en 209 ans d'existence.

La firme genevoise, fondée en 1805, a modifié sa structure juridique l'an dernier et est désormais tenue de publier son bilan et des comptes de résultats. Sa rivale Lombard Odier a opéré la même mue et devrait lui emboîter le pas dans quelques jours, là aussi une première depuis sa création en 1796.

Les chiffres dévoilés par Pictet & Cie au titre du premier semestre confirment son rang de numéro trois de la banque privée en Suisse, loin derrière UBS et Credit Suisse mais devant Julius Baer.

Sur les six premiers mois de l'année, la banque a réalisé un bénéfice net de 202,9 millions de francs suisses (168 millions d'euros) et ses actifs nets sous gestion ont atteint 319 milliards de francs. Aucun comparatif n'a été fourni, le changement de statut en société anonyme ayant modifié le calcul des comptes.

La banque n'a pas inscrit de provision dans ses comptes pour le litige en cours aux Etats-Unis, en l'absence d'éléments permettant de quantifier une éventuelle amende.

Jacques de Saussure, associé senior de la banque, a dit ne pas savoir quand l'enquête serait close. "Le rythme est décidé par les autorités américaines, pas par nous", a-t-il dit à Reuters.

Au total, une dizaine de banques helvétiques sont soupçonnées par les autorités américaines d'avoir aidé des Américains fortunés à frauder le fisc. Visée elle aussi, Julius Baer n'a pas non plus constitué de provision.

Pictet a toutefois de quoi voir venir. La banque a publié un ratio de fonds propres durs de 21,7%, pratiquement trois fois plus que les exigences minimales.

Le rendement des capitaux propres (ROE) s'est quant à lui établi à 17,6%, dépassant celui de 16,2% de Julius Baer.

La transformation en société anonyme pourrait limiter l'exposition des associés de Pictet à une éventuelle amende aux Etats-Unis mais Jacques de Saussure a nié tout lien, assurant que cette évolution de statut était prévue déjà en 2008 avant d'être retardée par la crise financière. (Joshua Franklin, Véronique Tison pour le service français)