CMA CGM étudie toujours l'option Bourse, pas pour cette année

lundi 31 mars 2014 15h01
 

PARIS, 31 mars (Reuters) - L'armateur marseillais CMA CGM, numéro trois mondial du commerce maritime par conteneurs, étudie toujours l'option de son entrée en Bourse mais ne prévoit rien pour cette année de toute façon, a dit lundi son directeur financier.

Le groupe familial avait indiqué fin 2012 qu'il prévoyait une introduction en Bourse d'ici la fin 2014 pour tenter d'améliorer son accès au financement face à la volatilité des prix du fret maritime.

CMA CGM a depuis mené une restructuration financière qui a vu le Fonds stratégique d'investissement (FSI) entrer sans son capital pour 150 millions de dollars et le groupe vendre 49% de sa division Terminal Link pour 400 millions d'euros. Ce qui lui a permis d'améliorer sa notation financière et de réduire sa dette.

"C'est toujours à l'étude. Ce n'est pas la peine d'attendre un 'newsflow' important en 2014 là-dessus, donc il n'y aura pas de mise en Bourse en 2014", a dit Michel Sirat à Reuters par téléphone, après la publication des résultats annuels de CMA CGM.

"On a accès maintenant à beaucoup de sources de financement (...) En toute hypothèse, il n'y a pas d'urgence à avoir un nouvel accès différent aux marchés equity, mais ça reste un sujet qui est à l'étude simplement parce que c'est un sujet légitime pour un groupe de notre taille."

En 2013, CMA CGM a réalisé un chiffre d'affaires de 15,9 milliards de dollars, une hausse de 7,5% de ses volumes ayant compensé une baisse de 7,1% de ses taux moyens de fret.

Le bénéfice brut d'exploitation a été ramené à 756 millions de dollars (-26,9%) mais le bénéfice net ressort en hausse de 22,8% à 408 millions de dollars, dopé par la cession de 49% de Terminal Link.

Le fret maritime par conteneurs continue de souffrir de surcapacités, héritage du boom du secteur avant la crise financière mondiale de 2008.

Fin février, le danois Moller-Maersk, propriétaire du numéro un mondial du transport maritime par porte-conteneurs Maersk Line, avait dit s'attendre à ce que ces surcapacités persistent au moins jusqu'en 2016.

CMA CGM vise une réduction de ses coûts via un partage de navires avec des concurrents et le développement de porte-conteneurs géants moins gourmands en carburant.

L'alliance P3 verra Maersk Line, CMA CGM et le numéro deux mondial Mediterranean Shipping Company (MSC) partager quelque 250 navires pour certains trajets. CMA CGM a dit espérer un lancement de cette alliance à la mi-2014, les trois partenaires attendant le feu vert des autorités européennes et chinoises après avoir obtenu ce mois-ci celui des Etats-Unis. (Gus Trompiz, avec Dominique Rodriguez, édité par Wilfrid Exbrayat)