Intesa nettoie à son tour son bilan, perte 2013 d'E4,55 mds

vendredi 28 mars 2014 08h18
 

MILAN, 28 mars (Reuters) - Intesa Sanpaolo a fait état vendredi d'une perte de 4,55 milliards d'euros, la première banque de détail en Italie nettoyant à son tour son bilan avec de provisions massives sur ses mauvaises créances et d'importantes dépréciations sur la valeur de certaines de ses divisions.

La perte de l'établissement aurait été encore plus importante sans une plus-value avant impôts de 2,56 milliards liée à la réévaluation de la valeur de sa participation de quelque 40% dans la Banque d'Italie.

Les analystes interrogés par Thomson Reuters avaient tablé sur un bénéfice net de 1,09 milliard d'euros.

Intesa Sanpaolo suit ainsi la voie tracée par UniCredit , numéro du secteur bancaire en Italie par les actifs, qui a annoncé il y a plus de deux semaines une perte annuelle record de 14 milliards d'euros, sous le coup essentiellement de 13,7 milliards de provisions pour créances douteuses. (voir )

Ces nettoyages de bilan s'expliquent surtout par la perspective des bilans de santé que la Banque centrale européenne (BCE) va faire passer cette année aux principales banques de la zone euro.

Le 12 mars, Banca Monte dei Paschi di Siena avait fait état d'une perte plus élevée au titre de 2013, sous le coup, là aussi, de dépréciations massives passées sur des créances douteuses.

Intesa Sanpaolo a dit avoir passé 7,1 milliards d'euros de provisions pour se prémunir de créances douteuses, ces dernières, qui s'expliquent surtout par la longue récession dont l'Italie vient à peine de sortir, étant devenues le sujet de préoccupation numéro un pour les établissements du pays.

A cette somme, s'ajoutant un total de 6,8 de dépréciations de survaleurs passées sur certaines de ses divisions.

Intesa ajoute que son ratio Tier 1 ordinaire ("Common Equity Tier 1"), mesure clef de la solvabilité d'une banque, était de 12,3% à fin décembre - soit l'un des niveaux les plus élevés en Italie - contre 11,2% à fin septembre.

En la matière, la BCE a fixé un ratio minimum de 8%.

La banque a également annoncé son intention de fermer 800 agences, ajoutant qu'elle comptait quelque 4.500 salariés "de trop". (Silvia Aloisi, Benoit Van Overstraeten pour le service français)