La Côte d'Ivoire va taxer davantage le secteur des télécoms

mardi 4 février 2014 20h51
 

ABIDJAN, 4 février (Reuters) - La Côte d'Ivoire va taxer davantage les opérateurs de télécommunications et les obliger à investir dans des emprunts d'Etat cette année afin d'augmenter les recettes fiscales et de maintenir une part accrue des profits du secteur dans le pays, a déclaré mardi le directeur général des Impôts.

Le fisc ivoirien vise pour 2014 des recettes globales de près de 1.600 milliards de francs CFA (2,4 milliards d'euros), soit 200 milliards de plus qu'en 2013, afin de financer la reconstruction du pays, a expliqué Pascal Abinan.

"Le secteur de l'information et de la communication est en pleine expansion et génère beaucoup d'argent. Nous allons faire en sorte que le secteur puisse contribuer au développement du pays", a dit Pascal Abinan lors d'une conférence de presse à Abidjan.

Il a précisé que le taux de l'impôt sur les sociétés des opérateurs de télécommunications serait porté de 25% à 30%.

Avec environ 24 millions d'habitants, la Côte d'Ivoire compte quelque 20 millions d'utilisateurs de téléphones mobiles. Les cinq opérateurs qui se partagent ce marché sont le français Orange, le sud-africain MTN, le libyen Green, la filiale locale d'Etisalat Moov et Koz, propriété du libanais Comium.

La société ivoirienne Cafe Mobile a obtenu une licence en 2012 mais n'est toujours pas opérationnelle.

Pascal Abinan a déclaré que le secteur devrait avoir réalisé un chiffre d'affaires global de plus de 1.000 milliards de francs CFA en 2013, contre 850 milliards en 2012 et 744 milliards en 2011. Et il a jugé qu'une part trop importante des profits des opérateurs sortait du pays.

"Toutes les entreprises du secteur qui transfèrent des dividendes hors de Côte d'Ivoire seront obligées de souscrire à des bons du Trésor d'une valeur équivalant à 20% des montants transférés", a-t-il annoncé.

Il a précisé que les clients des opérateurs seraient quant à eux redevables d'une taxe de 3% sur le coût des appels.

L'alcool et les produits du tabac verront eux aussi leur fiscalité revue à la hausse. (Loucoumane Coulibaly; Marc Angrand pour le service français)