January 20, 2014 / 7:48 AM / 4 years ago

USA-La demande en crédits des entreprises incite à l'optimisme

5 MINUTES DE LECTURE

par Michael Erman

NEW YORK, 19 janvier (Reuters) - Les crédits accordés aux entreprises sont revenus à des plus hauts historiques ces derniers temps, incitant l'industrie bancaire à faire état de son optimisme sur les perspectives de l'économie américaine.

La hausse de la demande en prêts bancaires est souvent un prélude à une accélération de la croissance économique d'autant qu'avec la dissipation des risques liées aux crises politico-budgétaires américaines et les signes de reprise en Europe, le secteur privé se montre de plus en plus ouvert à l'investissement.

Jamie Dimon, président-directeur général de JPMorgan , qui s'est longtemps décrit comme un "optimiste prudent" vis-à-vis de l'état de l'économie, a récemment abandonné l'adjectif "prudent". "Nous utilisons le mot optimiste parce que nous sommes optimiste", a-t-il dit, "Le soleil, la lune et les étoiles sont alignées pour une année qui sera marquée par le succès."

Les encours de crédits au secteur privé ont atteint fin 2013 un record absolu à 1.610 milliards de dollars, dépassant le précédent record qui datait de 2008, selon des chiffres publiés la semaine dernière par la Réserve fédérale.

"Nous observons une forte demande pour du crédit alors que nous entrons dans l'année 2014" de la part des entreprises, notamment de la part des grands groupes et des sociétés liées à la santé, ainsi que de la part du secteur de l'immobilier commercial, a de son côté déclaré Bruce Thompson, directeur financier de Bank of America.

Une clientèle Elle Aussi Optimiste

Et selon les banquiers, leurs clients sont plus optimistes que jamais.

"Lorsque je discute avec des clients, j'en entends de plus en plus évoquer leur intérêt pour construire quelque chose, ajouter quelque chose, investir dans quelque chose", a dit la semaine dernière le directeur général de Wells Fargo dans un entretien avec des investisseurs.

Certes, la croissance de l'emploi a ralenti en décembre, avec un niveau d'embauches proche d'un plus bas de trois mois, en partie en raison d'une météo défavorable, mais on peut également retenir que le produit intérieur brut américain a progressé au troisième trimestre au rythme annualisé de 4,1%.

General Electric, souvent présenté comme un baromètre de l'économie américaine, a annoncé vendredi avoir enregistré un nombre de commandes record pour ses moteurs d'avions, ses équipements pour le secteur de l'énergie et pour d'autres matériels industriels.

"Nous avons observé de bonnes conditions dans les marchés de croissance, de la vigueur aux Etats-Unis et un environnement mitigé en Europe", a déclaré le directeur général, Jeff Immelt.

La Demande privée Compensera Le "Tapering"

En moyenne, les analystes prédisent une croissance de 2,9% en 2014, un niveau proche de la moyenne historique des Etats-Unis mais supérieur à celle qui fut la sienne ces dernières années.

Le crédit est en quelque sorte le poumon de l'économie et son volume est resté relativement faible depuis le début de la crise financière. Certains économistes reprochent aux banques de s'être montrées trop réticentes à rouvrir le robinet tandis que d'autres blâment les entreprises et les ménages, jugés trop frileux.

En tout état de cause, tout montre que la demande pour le crédit s'est redressée. Paul Kasriel, ancien chef économiste de Northern Trust, souligne que le volume des investissements bancaires, en crédits et en obligations, ajouté au total des actifs détenus par la Fed, a continué d'augmenter depuis le quatrième trimestre 2012, peu de temps après le lancement du dernier plan d'assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale.

Sur un an, le crédit a augmenté de 8,7% au troisième trimestre 2013, contre une hausse moyenne de 7,2% enregistrée depuis 1973.

Et si les rachats d'actifs de la Fed contribuent à la croissance, la hausse de la demande privée devrait permettre de compenser la diminution des rachats de la banque centrale.

La hausse de la demande en crédits n'est toutefois pas forcément toujours annonciatrice d'une économie en progression comme en témoigne la crise née de l'explosion de la bulle des crédits hypothécaires. Paul Kasriel dit estimer que les conditions ne sont pas comparables, les standards du crédit ayant été considérablement durcis depuis 2008. (Nicolas Delame pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below