3 décembre 2013 / 09:19 / dans 4 ans

LEAD 2-Free casse le marché en proposant la 4G au prix de la 3G

* Un forfait 4G à 19,99 euros par mois, au même prix que la 3G

* Un coup dur juste avant Noël pour les opérateurs concurrents

* Orange prévoit toujours de relever ses tarifs 4G

* La couverture 4G de Free au coeur du débat (Actualisé avec nouvelles réactions)

par Gwénaëlle Barzic et Jean-Michel Belot

PARIS, 3 décembre (Reuters) - Free s‘est lancé à son tour dans la bataille du très haut mobile en annonçant mardi qu‘il incluait désormais la 4G dans ses offres pour un prix inchangé, un coup dur pour ses concurrents qui misent sur cette nouvelle technologie pour augmenter leurs tarifs.

La filiale mobile d‘Iliad propose la 4G au prix de 19,99 euros par mois (15,99 euros par mois pour les abonnés à sa Freebox), un tarif à comparer à 29,99 euros pour un forfait d‘entrée de gamme 4G sans engagement et sans mobile chez Bouygues Telecom ou encore 42,99 euros par mois chez SFR (Vivendi ).

A ce prix, les deux opérateurs proposent toutefois 3 gigaoctets de données contre 20 gigaoctets dans l‘offre de Free mobile, une capacité de données sans équivalent dans le reste du marché. Bouygues Telecom va jusqu‘à proposer 16 gigaoctets mais pour 59,99 euros mensuels.

“On positionne la 4G à son juste prix”, a déclaré à Reuters Maxime Lombardini, le directeur général d‘Iliad.

“Les investissements pour faire un réseau 4G sont importants mais ne sont pas monstrueux. Partant de là, il n‘y a pas vraiment de raison d‘imposer un surcoût ou bien de réaugmenter les prix comme ont commencé à le faire les opérateurs historiques”.

Vers 14h00, le titre Iliad affichait un léger recul (-0,72% à 172 euros) tandis que les actions de ses concurrents accusaient le coup. Le premier opérateur français Orange (-3,4% à 9,20 euros) enregistrait ainsi la deuxième plus forte baisse du CAC 40, tandis que Bouygues perdait 3,1% et Vivendi 2,1%.

A l‘approche de la période stratégique de Noël, les trois opérateurs historiques ont envahi les écrans publicitaires pour faire la promotion de leurs offres 4G dans l‘espoir de tirer parti de leur avance sur Free, longtemps discret sur ses intentions dans la 4G.

L‘annonce du dernier né des opérateurs mobiles pourrait les obliger à revoir leurs ambitions, estiment des analystes.

“Toute la structure de prix présentée par Orange, SFR et Bouygues pour la 4G semble à présent très optimiste. Ils vont devoir revoir leur grille de tarifs pour la 4G”, a déclaré à Reuters Frédéric Boulan, analyste chez Nomura.

“UN COUP DE COM”

Les concurrents du quatrième entrant évoquent pour leur part “un coup de com” du groupe dirigé par Xavier Niel et pointent du doigt le caractère à ce jour limité de sa couverture en 4G du territoire.

“Nous n‘avons pas peur d‘une offre sans réseau”, a déclaré à Reuters Delphine Ernotte Cunci, directrice exécutive d‘Orange France, estimant que cette annonce traduisait la fébrilité des dirigeants d‘Iliad face au succès des offres 4G de ses concurrents. (voir )

Elle a ajouté qu‘Orange comptait comme prévu augmenter ses tarifs 4G lors de la refonte de ses offres en février.

Dans un communiqué, Free déclare qu‘il disposait de 700 sites 4G au 1er décembre, donnant accès au très haut débit mobile dans un millier de communes, mais sans préciser le pourcentage de la population couverte.

Selon le dernier décompte de l‘Agence nationale des fréquences (ANFR) au 1er novembre, Bouygues, qui a le réseau 4G le plus important à ce jour, disposait de 4.655 sites actifs devant Orange (3.439).

SFR disposait quant à lui de 718 antennes, soit un chiffre du même ordre que celui de Free, mais le deuxième opérateur mobile en France dispose à la fois de fréquences 4G dans la bande des 2.600 mégahertz comme Free mais aussi dans celle des 800 mégahertz qui permet une plus large couverture.

Les investisseurs s‘interrogent également sur la capacité de Free à proposer un réseau suffisamment dense.

“Les récents contacts avec Free ne permettaient pas de s‘attendre à une annonce de ce genre, qui nous semble avant tout défensive, ce n‘est donc pas si positif que ça”, observe un intervenant basé à Paris.

“Ce qui est surprenant c‘est que son fondateur, Xavier Niel, avait dit qu‘il attendrait d‘avoir une couverture suffisante pour lancer son offre. Ce n‘est sûrement pas le cas. Il s‘agit certainement plutôt d‘entretenir la confusion qui règne aujourd‘hui sur la 4G en France”, observe-t-il. (Avec la contribution d‘Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot)

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