LEAD 1-Deutsche Bank plombée par les provisions juridiques au T3

mardi 29 octobre 2013 07h57
 

(actualisé avec précisions, contexte)

FRANCFORT, 29 octobre (Reuters) - Deutsche Bank a annoncé mardi une chute de 98% de son bénéfice imposable trimestriel, à 18 millions d'euros, un résultat inférieur à la plus basse des estimations qui s'explique par la baisse des revenus du trading et par l'augmentation des provisions destinées à couvrir les risques juridiques auxquels est exposée la banque.

Le numéro un allemand du secteur a augmenté ces provisions de 1,2 milliard d'euros sur la période juillet-septembre, les portant au total à 4,1 milliards.

Plusieurs de ses grands concurrents sur le marché mondial, à l'instar de JPMorgan ou Rabobank, ont eux aussi passé dans leurs comptes de lourdes provisions pour couvrir les coûts éventuels liés aux scandales révélés ces dernières années dans le sillage de la crise financière, tels l'affaire de la manipulation des taux Libor ou les enquêtes en cours sur les taux de change.

Neuf analystes financiers interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un bénéfice imposable de 642 millions d'euros, en baisse de 43% sur un an. La contribution à ce résultat des activités de trading était attendue en baisse de 47% à un peu plus d'un milliard d'euros.

"Nous nous attendons à ce que le contexte juridique reste difficile", a déclaré la banque dans un communiqué, laissant entendre que le pire en la matière n'était pas encore passé.

A la différence de rivaux comme Barclays ou UBS , Deutsche Bank n'a pour l'instant conclu aucun accord amiable sur les investigations la visant dans le dossier de la manipulation des taux Libor.

Le groupe a expliqué qu'une enquête sur ses activités pourrait se traduire par d'importantes pénalités financières et par d'autres conséquences.

Plus d'une dizaines de banques et d'intermédiaires financiers, parmi lesquels JPMorgan et Citigroup, sont visés par les différentes enquêtes en cours sur les soupçons de manipulations des taux interbancaires, utilisés pour fixer les prix ou les taux de milliers de milliards d'euros de produits financiers ou de prêts.

Au troisième trimestre, les revenus des activités de vente et de trading obligataire de Deutsche Bank, l'une des principales sources de profits du groupe, ont reculé de 48% sur un an à 1,2 milliard d'euros.

La baisse des revenus de trading a également frappé des concurrents comme Credit Suisse ou Goldman Sachs . Elle s'explique principalement par l'anticipation d'une réduction des achats d'obligations de la Réserve fédérale, réduction pour l'instant reportée par la banque centrale américaine. (Thomas Atkins, Edward Taylor et Arno Schetze; Marc Angrand pour le service français)