7 février 2013 / 11:29 / il y a 5 ans

France-Discussion engagée sur l'investissement autoroutier-Sces

* L'Asfa et le ministère des Transports discutent depuis novembre-source

* Comment boucler les raccordements autoroutiers en temps de disette budgétaire

* Vinci, Eiffage ou Sanef pourraient obtenir en échange un allongement des concessions

par Gilles Guillaume

PARIS, 7 février (Reuters) - Le gouvernement et les concessionnaires autoroutiers ont engagé des discussions sur les nouveaux investissements à réaliser dans le réseau français d'autoroutes, ce qui pourrait déboucher sur un allongement de la durée des concessions, a-t-on appris de deux sources proches du dossier.

L'Etat ayant peu de marge de manoeuvre financière, le ministère des Transports compte sur les sociétés d'autoroutes privées pour réaliser notamment plusieurs chantiers d'interconnexion entre les axes existants. Le dernier budget français a été bâti sur une hypothèse de croissance de 0,8% en 2013, mais la Commission européenne, le Fonds monétaire international et l'Insee jugent cette prévision trop optimiste.

"On discute de façon globale et projet par projet", a indiqué à Reuters une source sous couvert d'anonymat. La deuxième source a ajouté que les discussions, engagées fin novembre dernier, étaient loin d'avoir abouti.

L'Association des sociétés françaises d'autoroutes (Asfa) et le ministère des Transports ont refusé de faire un commentaire.

En janvier, l'entourage du Président François Hollande avait indiqué que le gouvernement cherchait à inciter les sociétés d'autoroutes à se lancer dans de nouveaux investissement en échange de l'allongement de leur concession.

Le sujet est politiquement sensible car depuis la vague de privatisation des autoroutes françaises en 2006, les concessionnaires sont régulièrement accusés d'avoir touché une rente qui court en moyenne jusqu'aux années 2030.

A ces critiques, qui reviennent notamment à chaque nouvelle hausse du prix des péages en février, Vinci (ASF et Cofiroute), Eiffage (APRR) et Sanef, filiale de l'espagnol Abertis, répondent qu'ils ont acheté ces concessions au prix d'un endettement massif, et que de tels montages auraient été impossibles sans les revenus récurrents que les concessions autoroutières leur garantissent.

L'an dernier, le PDG d'Eiffage, Pierre Berger, avait jeté un pavé dans la mare en évoquant la possibilité de financer les travaux de rénovation entre Paris et la première barrière de péage de l'Autoroute A6 en échange d'une prolongation de sa concession.

Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, avait aussitôt démenti discuter d'une tel allongement en contrepartie de la prise en charge de dépenses d'entretien ou de réparation jusqu'ici du ressort de l'Etat.

Avec ses 9.000 kilomètres concédés, le réseau autoroutier français est l'un des plus importants d'Europe. Parmi les tronçons qui manquent à l'appel figurent également le raccordement entre l'A89 Bordeaux-Lyon et l'A6.

En 2010, dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, une partie des concessionnaires avaient accepté de réaliser sur leur réseau un milliard d'euros d'investissements environnementaux, moyennant l'allongement d'un an de la durée de leurs concessions. (Avec Elena Berton, édité par Jean-Michel Bélot)

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