LEAD 1-GB-La reprise faible complique l'équation budgétaire

mardi 4 décembre 2012 16h33
 

LONDRES, 4 décembre (Reuters) - Plusieurs indicateurs sont venus confirmer mardi la fragilité de la reprise économique britannique, une mauvaise nouvelle pour le gouvernement de David Cameron à la veille de la déclaration semestrielle sur le budget au Parlement.

L'indice mensuel des directeurs d'achats (PMI) du secteur de la construction est tombé en novembre sous le seuil de 50, ce qui traduit une contraction de l'activité, et la confiance des professionnels du BTP est revenue son plus bas niveau depuis près de quatre ans, selon l'étude Markit/CIPS.

Parallèlement, les Chambres de commerce britanniques (BCC) ont fait état d'une hausse bien plus faible qu'attendu (+0,4% hors carburants) des ventes au détail le mois dernier. Et elles ont annoncé dans la foulée avoir revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour les deux prochaines années, à 1,0% pour 2013 et 1,8% pour 2014, contre 1,2% et 2,2% respectivement.

C'est donc dans un contexte conjoncturel peu favorable que le ministre des Finances, George Osborne, prononcera mercredi au Parlement le traditionnel "discours d'automne" sur la situation économique et budgétaire.

Il pourrait être contraint d'annoncer aux députés un relèvement du programme d'emprunts publics, voire la prolongation d'un an de la politique actuelle d'austérité, censée pour l'instant s'achever au terme de l'exercice budgétaire 2016-2017.

Dimanche, il a déjà reconnu que le retour à l'équilibre budgétaire prendrait plus de temps que prévu initialement en raison de la faiblesse de la croissance. Une perspective qui pourrait compromettre le "triple A" dont bénéficie le Royaume-Uni auprès des principales agences de notation et que George Osborne s'est engagé à défendre.

L'incapacité de la coalition conservatrice au pouvoir à générer une reprise économique durable est son principal problème politique. Selon des sondages, si des élections avaient lieu aujourd'hui, elles porteraient l'opposition travailliste au pouvoir.

Après deux récessions en quatre ans, l'économie britannique a renoué avec la croissance au troisième trimestre, affichant un bond de 1,0% par rapport à avril-juin grâce à des jours ouvrés supplémentaires et aux retombées des Jeux Olympiques.

Mais les économistes ne tablent pour le quatrième trimestre que sur une progression de 0,1% du produit intérieur brut (PIB) et le premier semestre 2013 devrait être à peine plus dynamique. (Ruth Pitchford, Constance De Cambiaire pour le service français, édité par Marc Angrand)