Actionaria-Légère baisse de la fréquentation pour l'édition 2012

jeudi 6 décembre 2012 15h51
 

PARIS, 6 décembre (Reuters) - Le salon Actionaria de la Bourse a accueilli cette année 5% de visiteurs en moins que l'an dernier, reflet d'une désertion des marchés financiers par les petits porteurs français en ces temps d'incertitudes.

La 15e édition du salon de la Bourse et des produits financiers, fin novembre, aura réuni 28.153 visiteurs, contre 29.754 pour l'édition 2011. La baisse observée est toutefois moins forte que celle de 9% environ enregistrée lors de l'édition précédente.

"On a depuis plusieurs années une baisse très importante du nombre d'actionnaires, donc une population potentielle sur laquelle s'appuyer qui est en diminution", a expliqué à Reuters Blandine Fischer, commissaire générale du salon.

Selon la Fédération des investisseurs individuels et des clubs d'investissement (F2iC), le nombre d'actionnaires individuels a chuté au cours de la décennie passée. De 7,1 millions il y a dix ans - un record historique - leur nombre serait retombé à 4,2 millions, dont une baisse record de 2,3 millions depuis fin 2008.

Les turbulences sur les marchés financiers depuis la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008 ont accéléré cette défiance du grand public. Et si le CAC 40 , l'indice phare de la Bourse de Paris, a repris 14% depuis le début de l'année, il reste en baisse de 7% par rapport à son niveau de la fin 2010.

Sur dix ans, le nombre de petits porteurs en France a chuté de plus de 40%. Dans l'intervalle, le nombre de visiteurs a Actionaria n'a reculé que de 11%.

"Même dans ce contexte, la vocation pédagogique du salon reste intacte", poursuit Blandine Fischer.

"L'évolution prochaine de la fiscalité en France était ainsi cette année au coeur des questions qui préoccupaient grandement nos actionnaires et nos visiteurs, à la recherche des moyens de diversifier leurs portefeuilles par rapport à ces problématiques de taxation."

Actionaria a ainsi proposé cette année pour la première fois un espace dédié aux sociétés non cotées à la recherche d'investisseurs.

Dans son projet de budget pour 2013, le gouvernement espère lever près de trois milliards d'euros supplémentaires auprès des ménages à travers des mesures visant à taxer le capital de la même manière que le travail.

L'imposition au barème de l'impôt sur le revenu des dividendes et des produits de placement à revenu fixe devrait rapporter 2,0 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires, celle des gains de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux 1,0 milliard, et 45 millions supplémentaires devraient résulter de la nouvelle taxation des gains de levée d'options sur actions et attributions d'actions gratuites. (Gilles Guillaume, avec Alexandre Boksenbaum-Grnanier et Blaise Robinson, édité par Dominique Rodriguez)