27 novembre 2012 / 07:33 / il y a 5 ans

LEAD 2-Rémy Cointreau rassure sur la Chine et s'envole en Bourse

* Le résultat opérationnel grimpe de 18% à taux constants

* La marge du cognac atteint des sommets

* Des propos jugés rassurants sur la reprise en Chine

* Le groupe affiche ses ambitions pour son whisky Bruichladdich (Actualisé avec conférence de presse, commentaires, cours)

par Pascale Denis

PARIS, 27 novembre (Reuters) - Rémy Cointreau, qui a signé des résultats semestriels dopés par des marges record dans ses cognacs haut de gamme, a averti que la dynamique serait moins forte au deuxième semestre avec la dégradation de l'économie européenne mais s'est montré très optimiste pour la marche de ses affaires en Chine.

Le numéro deux français des spiritueux, qui avait vu la croissance de ses ventes fortement ralentir au deuxième trimestre sous l'effet d'un tassement de la dynamique du cognac en Asie et de la crise économique en Europe, a affiché sa confiance, mardi, dans la reprise d'une forte croissance en Chine. (voir )

La transition politique à Pékin a pesé sur les ventes et les cadeaux d'affaires, mais les habitudes reprennent vite le dessus, a déclaré Jean-Marie Laborde, directeur général du groupe, lors d'une conférence avec les analystes.

"Le tigre ne perd jamais ses rayures", a-t-il lancé, se disant "extrêmement positif et confiant" sur les ventes de cognac dans le pays où les commandes des grossistes, un peu attentistes au deuxième trimestre, repartent de l'avant.

Rémy Cointreau a vu son résultat opérationnel grimper de 18% à taux de change constants (+33,2% en données publiées) au premier semestre clos le 30 septembre, à 141,5 millions d'euros, dépassant le consensus Thomson Reuters I/B/E/S de 128 millions.

Sa marge s'est encore améliorée, atteignant 23,7% des ventes contre 22,4% un an plus tôt, grâce à de nouveaux sommets atteints par son cognac Rémy Martin (34,9%, contre 32,9% un an plus tôt), qui pèse pour 60% des ventes et 80% de la rentabilité de l'ensemble du groupe.

A l'inverse, les résultats du pôle liqueurs et spiritueux (Cointreau, rhum Mount Gay ou brandy grec Metaxa), touché par la crise en Europe, ont chuté de 24,9% en données organiques, la marge reculant à 17% contre 23,4%.

PROMESSES A L'EST

La rentabilité du pôle a aussi pâti d'investissements publicitaires massifs (5,3 millions d'euros), le groupe ayant décidé d'allouer des moyens substantiels à la relance de cette branche dont il attend une amélioration de la rentabilité au cours de son prochain exercice 2013-2014.

Le résultat net du groupe grimpe quant à lui de 43,9% hors éléments exceptionnels à 88,5 millions d'euros.

Pour son exercice annuel 2012-2013, Rémy Cointreau anticipe une amélioration "significative" de ses résultats, même si la progression du deuxième semestre sera inférieure à celle du premier.

La nouvelle progression des marges du cognac et les commentaires jugés rassurants sur la Chine ont été salués par le marché, où le titre s'envole de 7,9% à 89,70 euros vers 13h15, malgré une valorisation très supérieure à la moyenne du secteur.

Les analystes de Gilbert Dupont se félicitent d'un "ton plus positif sur l'Asie", tandis que ceux de CM-CIC relèvent que "de nombreux signes montrent une sensible reprise des cadeaux en Chine depuis quelques semaines" et que "la dynamique se poursuit en Asie et s'accélère aux USA et en Russie".

Car si l'Europe du Sud et la France, plombées par la crise, ne brillent guère, les performances au Nord de l'Europe et surtout à l'Est semblent particulièrement prometteuses.

Le groupe a redoublé ses investissements en Europe orientale et surtout en Russie, où les marges sont nettement supérieures à celles d'Europe de l'Ouest.

AMBITIONS DANS LE WHISKY

Rémy Cointreau, qui vient de racheter la distillerie de whisky écossais Bruichladdich pour 72,8 millions d'euros, affiche de grandes ambitions pour cette marque de whisky haut de gamme et prisée des connaisseurs, dont les premiers prix oscillent autour de 45 euros la bouteille.

"Nous voulons faire de Bruichladdich, le single malt le plus distinctif, le plus cher et le plus demandé au monde", a indiqué Jean-Marie Laborde.

Rémy entend quadrupler la production de la distillerie (50.000 caisses par an aujourd'hui) d'ici huit à dix ans, avec des investissements limités à cinq ou six millions d'euros dans des chais de vieillissement, compte-tenu du sous-emploi des capacités de production existantes.

En Bourse, la valeur qui s'adjuge 44,3% depuis le début de l'année, surperforme Diageo (+33%) et Pernod Ricard (+20%), ainsi que l'indice de l'alimentation et des boissons qui prend 20% sur la période.

Elle a les multiples les plus élevés du secteur (21 fois les bénéfices estimés pour 2013, contre 16 fois pour Diageo, numéro un mondial, et 15 fois pour Pernod Ricard, numéro deux). (Pascale Denis, édité par Matthieu Protard)

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