Free Mobile a accentué les problèmes d'Alcatel, dit Montebourg

lundi 12 novembre 2012 13h22
 

PARIS, 12 novembre (Reuters) - L'arrivée du quatrième opérateur de téléphonie mobile Free mobile sous l'impulsion du précédent gouvernement a accentué les difficultés de l'équipementier Alcatel-Lucent, estime le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg dans un entretien à l'Usine Nouvelle.

Le groupe franco-américain a annoncé à l'été un plan de restructuration prévoyant la suppression de près de 5.500 emplois dans le monde, dont 1.430 en France en vue de réduire ses coûts. (voir )

Alcatel souffre comme l'ensemble du secteur du recul des investissements des opérateurs télécoms sur fond de conjoncture difficile ainsi que de la concurrence des équipementiers asiatiques Huawei et ZTE à la politique de prix agressive.

"Dans la téléphonie, nos prédécesseurs nous ont laissé un capharnaüm", explique Arnaud Montebourg dans l'entretien, en faisant notamment référence à la décision du précédent exécutif d'autoriser une quatrième licence de téléphonie mobile en France, attribuée à la filiale d'Iliad Free mobile.

"On a déstabilisé les opérateurs en place et placé Alcatel dans une situation de grande difficulté pour mettre en selle Huaweï et ZTE dans les systèmes de télécommunications européens", explique le ministre.

"La course au low cost avec l'arrivée de Free a eu des conséquences sur les opérateurs, sur la sous-traitance, sur les fournisseurs. Et la situation d'Alcatel s'est aggravée : -40% en un an en France", poursuit-il.

Iliad n'a pas souhaité commenter les propos du ministre.

Le lancement, en janvier, du quatrième entrant avec des offres à prix cassés a ébranlé le secteur des télécoms en bousculant les opérateurs en place, qui ont été contraints de revoir à la baisse les tarifs de leurs offres pour limiter la fuite de leurs abonnés.

Au début de l'été, SFR (Vivendi ) et Bouygues Telecom ont annoncé des plans de réductions d'effectifs tandis que l'opérateur historique France Télécom a décidé de ralentir le rythme de ses recrutements. (voir et )

Alcatel-Lucent a quant à lui fait état au début du mois d'une perte d'exploitation pour le deuxième trimestre d'affilée, les mesures de réduction de coûts engagées n'ayant pas suffi à compenser la baisse d'activité.

Les difficultés de l'équipementier ne datent toutefois pas de l'arrivée de Free mobile, et le groupe issu de la fusion d'Alcatel avec l'américain Lucent en 2006 n'a dégagé ses premiers bénéfices que l'an dernier. (Gwénaëlle Barzic, édité par Dominique Rodriguez)