14 novembre 2012 / 18:14 / il y a 5 ans

Les groupes du CAC plus impactés que prévu par la crise au T3

* Le CA des sociétés du CAC 40 a progressé moins que prévu par les analystes

* CA en hausse de 3% à E 317,7 mds au T3

* Le relais de croissance des émergents s'est essoufflé

* Les investisseurs sensibles aux discours des entreprises

* Les bénéfices du CAC 40 attendus en baisse de 3,07% en 2012

par Blandine Hénault

PARIS, 14 novembre (Reuters) - Les entreprises du CAC 40 ont finalement été rattrapées par la crise au troisième trimestre, le ralentissement, s'il était attendu, ayant été plus fort que prévu en Europe mais également dans les pays émergents.

Le mois dernier, avant le début des publications trimestrielles, plusieurs gérants interrogés par Reuters avaient prévenu d'un risque de "mauvaises surprises" pour les valeurs cycliques exposées à l'Asie. (voir )

Entre juillet et septembre, le chiffre d'affaires des entreprises du CAC 40 a progressé de 3% sur un an à 317,7 milliards d'euros, selon des données calculées par Reuters, mais ressort inférieur aux attentes des analystes qui tablaient sur 319,5 milliards d'euros.

Le relais de croissance des pays émergents, qui avaient permis de soutenir l'activité au premier semestre, s'est essoufflé avec le tassement de l'activité chinoise.

Plusieurs sociétés comme L'Oréal, Pernod Ricard et Schneider Electric ont vu leur cours de Bourse baisser le jour de leur publication après avoir fait état entre autres d'un ralentissement en Asie.

En revanche, les valeurs du luxe ont réussi à rassurer sur leur activité malgré l'impact du ralentissement chinois. "Burberry avait déjà bien préparé le secteur, le marché a désormais moins d'attentes sur la croissance émergente", commente Pierre Nebout, co-responsable de la gestion actions européennes chez Edram.

Plus globalement, les investisseurs ont été particulièrement attentifs au discours des entreprises dans un contexte très incertain pour les mois à venir.

"Les perspectives délivrées par les sociétés ont constitué une véritable ligne de partage", estime Pierre Nebout. "La réaction en Bourse a été plus ou moins positive selon les discours des entreprises", ajoute-t-il.

Le gérant cite en exemple des sociétés comme Publicis dont la croissance organique est ressortie un peu faible mais qui a rassuré sur ses perspectives. Le titre a pris 2,76% depuis la publication.

A l'inverse, les résultats de Cap Gemini était en ligne avec les attentes mais le discours prudent de la société a déçu, faisant chuter le titre de 4,59% le jour de la publication.

QUELQUES BONNES SURPRISES

"Il y a eu tout de même de bonnes surprises en termes de ventes pour des valeurs industrielles comme Legrand, Vallourec ou Safran. En revanche, les résultats ont été un peu moins bons, ce qui dénote un environnement plus difficile pour faire passer des hausses de coût", relève pour sa part Gilles Guibout, gérant actions européennes chez Axa IM.

"Du côté des déceptions, elles sont venues des secteurs où l'on s'y attendait comme les télécoms et les services aux collectivités", selon le gérant, qui souligne aussi les mauvaises performances de Crédit agricole, ArcelorMittal et STMicroelectronics.

Graphique sur la croissance des secteurs au T3:

r.reuters.com/tyk93t

Graphique sur les surprises sectorielles au T3:

r.reuters.com/vyk93t

Des difficultés qui ont poussé certaines entreprises à réduire leur dividende, à l'image de France Télécom qui a dû sabrer fortement sa prévision de distribution pour 2012 et 2013. [ID :nL5E8LP1GM]

ArcelorMittal a également réduit son coupon pour l'année prochaine pour donner la priorité à la réduction de son endettement. [ID :nL5E8LV1IJ]

"On s'attendait à ce que les entreprises reversant de très gros dividendes réduisent la voilure", indique Claire Chaves d'Oliveira, responsable de la gestion actions chez Groupama AM.

En revanche, les gérants soulignent que les banques comme BNP Paribas - dont les résultats ont agréablement surpris - pourraient reprendre le versement d'un coupon.

AMÉLIORATION EN ASIE ET AUX ETATS-UNIS

Pour la fin de l'année, Gilles Guibout n'exclut pas un retournement de tendance sur les ventes, avec le retour de la dynamique émergente. "Le contexte s'améliore en Asie et au Etats-Unis. S'il doit y avoir de bonnes surprises sur le quatrième trimestre, elles seront plutôt sur les sociétés exposées à ces zones".

Pour l'ensemble de l'année, les analystes attendent une baisse des bénéfices par action (BPA) de 3,07% pour le CAC 40 mais prévoient toujours une progression de 8,7% en 2013, d'après des données Datastream, une division de Thomson Reuters.

Graphique sur l'évolution du consensus pour les BPA 2012: r.reuters.com/xyk93t

Graphique sur l'évolution du consensus pour les BPA 2013: r.reuters.com/wyk93t

"Pour 2013, il y aura sûrement un travail à faire des analystes sur les anticipations des résultats encore trop élevées. Mais cela devrait être sans impact sur le marché car les gérants ont déjà intégré ce phénomène", estime Pierre Nebout.

Voir aussi :

* Le TABLEAU des résultats du T3 du CAC 40

* ENCADRE-CAC 40-La dette dans la ligne de mire des investisseurs (avec Alexandre Boksenbaum-Granier pour les graphiques et le tableau, édité par Jean-Michel Bélot)

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