5 novembre 2012 / 14:38 / dans 5 ans

AVANT-PAPIER-La crise rattrape les banques françaises au coeur

* Les PNB attendus en baisse de 12% en moyenne

* La récession dégrade l‘activité de banque de détail

* Les taux et l‘international également sur l’écran radar

par Matthias Blamont

PARIS, 5 novembre (Reuters) - Les grandes banques françaises cotées présentent cette semaine leurs comptes du troisième trimestre, des publications qui devraient mettre en lumière l‘impact du ralentissement économique à l‘oeuvre en France et dans la zone euro.

BNP Paribas ouvrira le bal de cette série de résultats mercredi matin. Société générale et Dexia suivront jeudi avant Crédit agricole vendredi.

Pilier traditionnel de l‘activité et élément de valorisation déterminant aux yeux des investisseurs, la banque de détail devrait constituer un des éléments clés de ces publications.

Les banques françaises constatent un net ralentissement de la demande de nouveaux crédits.

Les revenus et les marges de leurs réseaux ont montré des signes manifestes d‘essoufflement au deuxième trimestre et certains professionnels s‘attendent à ce que les établissements annoncent de nouvelles réductions de coûts dans les mois à venir. (voir ANALYSE et TABLEAU )

“Les revenus dans la banque de détail sont très bas, il y a une pression sur les commissions du fait de l‘environnement de taux actuel et on entre en récession, les provisions (pour créances douteuses, NDLR) vont augmenter”, prévient une analyste basée à Paris.

Vingt-neuf économistes interrogés par Reuters anticipent en moyenne une croissance de 0,1% en France cette année et de 0,3% en 2013. et

Le consensus Thomson Reuters I/B/E/S établi pour BNP, Société générale et Crédit agricole S.A. prévoit un produit net bancaire cumulé en baisse en moyenne de 12% sur un an au troisième trimestre.

FIXED-INCOME ET INTERNATIONAL

L‘attention devrait également se porter sur les activités de taux. Plusieurs analystes rappellent que le troisième trimestre 2011 avait été particulièrement médiocre sur ce terrain pour les banques tricolores, victimes du retrait des fonds monétaires américains et donc moins à même d‘assurer le placement d‘obligations sur les marchés.

Les analystes de CM-CIC s‘attendent ainsi à ce que les revenus des activités de taux de BNP progressent de 35% sur la période juillet-septembre, de 180% pour Société générale et de 45% pour Crédit agricole S.A.

La banque suisse UBS a dévoilé le 30 octobre un plan visant à cesser ses activités dans l‘obligataire, une opportunité pour ses concurrentes françaises et européennes qui devraient logiquement chercher à renforcer leurs parts de marché au cours des prochaines semaines.

Deutsche Bank, qui a fait état d‘un bénéfice avant impôt de 1,13 milliard d‘euros pour le troisième trimestre à la faveur d‘un rebond de 67% de la vente et du trading sur les marchés obligataires, a prévenu qu‘elle chercherait à récupérer une partie des activités d‘UBS.

Alors que la conjoncture en Europe promet de rester difficile, les investisseurs devraient également surveiller l’évolution de l‘activité des banques françaises à l‘international.

CASA a annoncé le 17 octobre la cession de sa filiale grecque Emporiki à Alpha Bank, une transaction qui se traduira par une charge de deux milliards d‘euros dans ses comptes du troisième trimestre et signe la fin, très attendue, de la présence de la banque verte dans le pays.

Société générale sort également de Grèce avec la vente de sa filiale Geniki Bank à Piraeus Bank mais les investisseurs seront surtout attentifs aux performances de sa filiale russe Rosbank, à l‘origine de dépréciations au deuxième trimestre, et aux annonces portant sur une éventuelle cession de sa filiale égyptienne NSGB.

A la Bourse de Paris, les actions de BNP, Société générale et Crédit agricole regagnent du terrain depuis le 1er janvier après des baisses significatives en 2011.

Les annonces sur la Grèce et les programmes de cession d‘actifs engagés l‘an dernier en vue de l‘entrée en vigueur des règles prudentielles de Bâle III ont contribué à rassurer les intervenants même si les trois banques françaises - et les autres établissements européens - ont surtout bénéficié des mesures de la Banque centrale européenne.

La BCE a injecté plus de 1.000 milliards d‘euros de liquidités dans le système bancaire depuis décembre dernier via des opérations de refinancement à trois ans (LTRO) et son gouverneur, Mario Draghi, a rassuré les marchés cet été en indiquant que l‘institut d’émission rachèterait les emprunts d‘Etats en difficulté en cas de fortes tensions sur les taux.

* LE POINT sur les banques (Edité par Jean-Michel Bélot)

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