13 juin 2012 / 13:23 / il y a 5 ans

Air France-Les syndicats dénoncent des négociations "à la hussarde"

* Le chiffrage des sureffectifs attendu lors d'un CCE le 21 juin

* Les négociations seront closes le 29 juin

* Jusqu'à 350 postes de mécaniciens pourraient être supprimés d'ici 2014

par Cyril Altmeyer

PARIS, 13 juin (Reuters) - Air France devrait annoncer le 21 juin le chiffrage des sureffectifs qu'elle prévoit de réduire, huit jours seulement avant la fin prévue de négociations qui n'ont véritablement démarré qu'au début de cette semaine, un calendrier qui conduit les syndicats à dénoncer une volonté de passage en force de la compagnie.

Air France-KLM, numéro deux européen du transport aérien, dont l'Etat français détient 15,9%, a présenté en janvier un plan destiné à économiser deux milliards d'euros d'ici fin 2014 afin de réduire sa dette d'autant, en réduisant à la fois ses investissements dans sa flotte et ses effectifs.

La compagnie Air France, plus mal en point que KLM, annoncera le 21 juin lors d'un comité central d'entreprise (CCE) un "point d'étape" sur le plan visant à réduire de 20% les coûts dont elle a la maîtrise d'ici 2014, avec un chiffrage des sureffectifs, a-t-on appris de sources syndicales.

Une porte-parole d'Air France-KLM n'a pas souhaité faire de commentaire.

Le rythme des négociations devrait s'accélérer singulièrement après le deuxième tour des élections législatives dimanche prochain pour toucher le coeur du sujet: la révision des accords d'entreprise et un possible plan de départs volontaires.

"Le direction a son plan, elle avance. C'est à la hussarde", a déploré Léon Crémieux, du syndicat Sud Aérien.

Quelques 2.400 départs à la retraite ne seront pas remplacés au cours des trois ans à venir et au moins autant de postes pourraient être supprimés dans le cadre de départs volontaires, d'après des estimations circulant en interne.

Selon plusieurs sources syndicales, jusqu'à 350 postes de mécaniciens pourraient ainsi disparaître d'ici 2014, dont 200 rien que cette année, tandis que les effectifs de la maintenance des moteurs et de l'entretien des cabines pourraient, eux, être renforcés.

La réduction prévue de la flotte devrait entraîner des baisses d'effectifs dans toute les catégories de personnel mais les pilotes devraient éviter un plan de départs volontaires en bénéficiant de mesures telles que la mise en disponibilité pour un ou deux ans, ont précisé ces sources.

"Air France est en train de créer mécaniquement des sureffectifs qui n'existent pas actuellement", a dénoncé David Ricatte (CGT).

RISQUE DE CONFLIT AU MOMENT DES GRANDS DÉPARTS

Air France a présenté le 24 mai un plan de réorganisation de ses activités court- et moyen-courriers, qui ont perdu quelque 500 millions d'euros en 2011, avec en particulier la création d'un pôle régional regroupant trois compagnies existantes et la montée en puissance de la compagnie "low cost" Transavia. (Voir )

Alexandre de Juniac, l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère de l'Economie nommé à la direction générale d'Air France en novembre, avait alors menacé les syndicats de "mesures plus sévères" s'ils ne signaient pas les accords à l'issue de la fin des négociations, prévue le 29 juin, tout en réaffirmant sa volonté d'éviter des licenciements secs.

"C'est un délai court, très ardu. On va très vite, on fait peur aux gens", a jugé Philippe Chassonnery (FO), expliquant qu'après ces annonces, des salariés s'étaient dit prêts à des sacrifices pour garder leur emploi.

"Il n'est pas évident qu'on ait envie de céder à ce qu'on considère comme un chantage. Un bras de fer va s'engager", a prévenu David Ricatte (CGT).

Le refus d'une majorité des syndicats de signer les accords début juillet comme prévu aurait pour double effet de créer la menace d'un conflit social au moment des grands départs en vacances et d'empêcher une remontée du cours en Bourse d'Air France-KLM, les marchés attendant beaucoup de l'issue des négociations.

La principale inconnue sera l'attitude qu'adoptera, face aux doléances des syndicats, le nouveau ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, réélu dimanche au premier tour des législatives et donc assuré de conserver son poste.

En Bourse, l'action Air France-KLM a perdu près de 21% depuis le début de l'année après une chute de 70% en 2011. Le groupe est désormais valorisé moins d'un milliard d'euros. (Edité par Marc Angrand)

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