L'Euro 2012, un match sans merci entre Nike et Adidas

samedi 9 juin 2012 07h58
 

par Nivedita Bhattacharjee

9 juin (Reuters) - Au-delà d'un affrontement entre deux grandes nations du football, la rencontre Allemagne-Portugal samedi à l'Euro sera un match commercial très disputé entre les puissants équipementiers des deux équipes, l'américain Nike et l'allemand Adidas.

Les maillots rouges des Portugais habillés par Nike et les Adidas blancs sur les épaules des Allemands illustrent les prises de parts de marché de l'Américain sur le Bavarois, qui a longtemps régné seul sur le ballon rond.

Adidas égale football depuis sa fondation en 1949. Nike, créé dans les années 1960, ne s'est pas risqué sur les plates-bandes de son concurrent avant 1994. Mais deux ans plus tard, le groupe de l'Oregon marquait un but retentissant en signant un contrat avec l'équipe nationale du Brésil.

Depuis, Nike ne lésine pas sur les dépenses de marketing. Dernières grandes batailles en date entre Adidas et Nike : les contrats avec les équipes de France et d'Allemagne.

Adidas est parvenu à garder son équipe nationale mais les Bleus se sont rendus aux arguments de Nike. L'Américain aurait offert plus de 300 millions d'euros.

L'investissement dans le football est utilisé par Nike, numéro un mondial des équipements textiles sportifs, pour se diversifier à l'international. Le football réunit deux milliards de passionnés dans le monde alors que le basket-ball n'en attire que 1,2 milliard, souligne Paul Swinand, analyste chez Morningstar.

Les ventes d'articles pour le football devraient dépasser quatre milliards d'euros en 2012, selon Peter Rohlmann du consultant allemand PR Marketing. Il estime la part de marché d'Adidas à 38%, tandis que Nike se rapproche rapidement de ce score avec 36%.

Grâce à l'Euro 2012, Adidas espère vendre plus de 1,5 milliard d'euros de produits liés au football cette année. Les trois bandes d'Adidas seront vues sur six des 16 équipes participantes : l'Espagne, tenante du titre, l'Ukraine, le Danemark, l'Allemagne, la Grèce et la Russie.   Suite...