Crédit mutuel-Recul de 27% du bénéfice, la Grèce dépréciée à 72%

mercredi 7 mars 2012 18h51
 

PARIS, 7 mars (Reuters) - Le Crédit mutuel a publié mercredi un bénéfice net annuel en repli de 27,5%, ses comptes ayant été affectés en 2011 par les provisions passées sur les titres de dette grecque et par un ralentissement des activités de marché.

La banque mutualiste, maison-mère du CIC, a ainsi vu ses provisions pour pertes sur le crédit progresser de 5,1%, à 1,66 milliard d'euros.

Son produit net bancaire a reculé de 5,2% sur l'année, en raison surtout de la baisse des revenus dans l'assurance vie, les activités de marché et celles de capital développement.

Le bénéfice net ressort à 2,11 milliards d'euros. Les dépréciations avant impôt sur la dette publique grecque se sont élevées pour 2011 à 488 millions d'euros, la banque ayant porté son provisionnement sur la Grèce à 72,3%.

Interrogé sur le projet d'échange de dette grecque sur lequel les banques doivent se prononcer d'ici jeudi soir, Michel Lucas, le président du Crédit mutuel, n'a pas voulu dire si la banque avait pris la décision de participer à l'opération.

"On regarde où sont nos intérêts", a-t-il simplement répondu.

Les grandes institutions bancaires et les fonds de pensions sont de plus en plus nombreux à signaler leur intention de participer au processus d'échange de dette grecque, augmentant les chances de succès de cette opération, vitale pour le sauvetage de la République hellénique. (voir )

Compte tenu des incertitudes sur l'issue de la crise de la dette en zone euro, le Crédit mutuel n'a pas non plus souhaité s'exprimer sur les perspectives pour l'année en cours.

Il a en revanche fait savoir qu'il avait participé aux deux opérations exceptionnelles de refinancement à trois ans de la Banque centrale européenne (BCE), en décembre et en février.

"Nous y sommes allés un peu quand même, mais la deuxième fois beaucoup moins", a déclaré Alain Fradin, le directeur général du groupe. "Le plus modérément possible parce que c'est de la morphine", a-t-il ajouté à propos des liquidités offertes sans limite par la BCE à un taux exceptionnellement bas, de 1% pour l'instant.

Pour aider les banques à surmonter la crise de la dette en zone euro et éviter un tarissement des crédits bancaires ("credit crunch"), la BCE a injecté plus de 1.000 milliards d'euros de liquidités à trois ans dans le système bancaire européen. (Matthieu Protard et Lionel Laurent, édité par Marc Angrand)