4 mars 2012 / 18:49 / dans 6 ans

MARCHÉS-Les thèmes à retenir la semaine prochaine

LONDRES, 4 mars (Reuters) - Voici les grands thèmes susceptibles de s‘imposer aux traders et aux investisseurs dans la semaine qui vient:

1/ DES RAISONS D‘Y CROIRE ?

On saura bientôt si la deuxième injection massive de liquidités à trois ans de la Banque centrale européenne (BCE) peut donner aux marchés financiers un coup de pouce aussi marqué que la première opération du genre. Ceux qui tablent sur une réitération du scénario de janvier - qui a bénéficié à une large gamme d‘actifs - arguent que les valeurs européennes comme les obligations souveraines italiennes ont réussi à progresser sans que les Bunds allemands ne cèdent trop de terrain.

Mais le risque d‘un repli n‘est jamais bien loin. Il suffit de remarquer que les Bourses européennes se sont nettement et brièvement repliées faute de signe de la part du président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke sur l’éventualité d‘un nouvel assouplissement quantitatif. Alors que les chiffres mensuels des créations d‘emplois non agricoles aux Etats-Unis sont attendus cette semaine, les investisseurs auront les yeux rivés sur la santé de l’économie américaine et sur le risque de voir la cherté du pétrole entraver la reprise mondiale.

2/ LA DETTE PORTUGAISE À CONTRE-COURANT

Alors que l‘opération de refinancement à long terme (LTRO) de la BCE a bénéficié notamment aux obligations italiennes et espagnoles, la dette portugaise a, de son côté, largement sous-performé. La pression baissière sur le papier portugais a été telle que la BCE a dû revenir sur le marché obligataire secondaire pour en acheter, alors que l‘institution avait interrompu ses achats de dette souveraine durant deux semaines.

Or plus la BCE achètera de dette portugaise, plus les investisseurs redouteront de voir se répéter le scénario grec d‘une restructuration de dette à leur détriment. Il sera de toute façon difficile d‘oublier le dossier grec cette semaine, vu la date limite de l’échange de dette, fixée par Athènes au jeudi 8 mars.

3/ LA FIN DE L‘ARGENT FACILE ?

Lors de la conférence de presse prévue à la suite de la réunion de politique monétaire de la BCE, jeudi, les investisseurs chercheront à s‘assurer que le LTRO de février était bien le dernier du genre. Ils guetteront aussi tout indice augurant de l’évolution future des taux d‘intérêt. Les marchés jugent très peu probable que la BCE réduise son principal taux directeur avant la fin de l‘année. Les économistes interrogés par Reuters s‘attendent même à un long statu quo jusqu‘au troisième trimestre 2013, pointant notamment les risques inflationnistes posés par le renchérissement du pétrole.

4/ LE PRIX À PAYER

Les opérations de “carry trade” (opérations spéculatives visant à tirer profit d‘un écart de rendement, NDLR), encouragées par les politiques monétaires accommodantes des Etats-Unis, du Japon, de la Grande-Bretagne et de la zone euro, seront mises à l’épreuve sur la semaine à venir, vu la diversité des messages qui devraient ressortir des prochaines réunions de politiques monétaires des principales banques centrales.

Les analystes s‘attendent à ce que la BCE et la Banque d‘Angleterre maintiennent leur politique monétaire plutôt accommodante mais les banques centrales d‘Australie et de Nouvelle-Zélande pourraient faire entendre leurs inquiétudes quant au renchérissement de leurs devises.

5/ DES RISQUES PLANENT

Les marchés ont nettement progressé depuis le début de l‘année, soutenus par l‘abondante injection de liquidités de la BCE et l‘apaisement des tensions sur la dette souveraine. Ceux qui n‘ont pas profité de la hausse de quelque 11% enregistrée depuis le début de l‘année pourraient à présent être tentés de rentrer dans le jeu.

Alors qu‘environ les deux tiers des entreprises européennes ont publié leurs résultats trimestriels, la moitié ont rempli ou dépassé les attentes en matières de bénéfices, et les chiffres des ventes sont encore plus positifs. Mais de nombreux risques planent encore : le marché attend toujours un événement de crédit sur la dette grecque et le déclenchement des CDS, les maux du Portugal sont loins d’être résolus et le référendum annoncé en Irlande sur le nouveau traité budgétaire européen risquent d‘alimenter les doutes quant à une résolution durable de la crise de la zone euro. (Swaha Pattanaik, Natalie Huet pour le service français, édité par Jean Décotte)

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