L'alliance PSA-GM acueillie avec scepticisme à la Bourse de Paris

jeudi 1 mars 2012 11h14
 

PARIS, 1er mars (Reuters) - L'alliance entre PSA Peugeot Citroën et General Motors est accueillie avec scepticisme jeudi matin à la Bourse de Paris, l'absence d'éléments sur les surcapacités en Europe et la perspective de l'augmentation de capital de PSA éclipsant les gains attendus à terme de ce rapprochement.

Vers 11h00, l'action PSA abandonnait 6,95% à 14,00 euros, alors que l'indice européen des valeurs de l'automobile gagnait 0,23%, tout comme l'indice CAC 40.

"L'augmentation de capital ne pourra pas se faire sans une grosse décote (au moins 15-20%) pour que les banques acceptent de garantir la moitié non souscrite par GM ou la famille Peugeot", commente un trader à Paris.

Bank of Amercica Merrill Lynch, dans une note, relève de son côté que "la prochaine augmentation de capital d'un milliard d'euros et le fait que les perspectives soient inchangées pour 2012 et 2013 nous conduisent à maintenir à ce stade notre recommandation sur Peugeot à sous-performer".

La banque souligne aussi que si les synergies devraient rester limitées avant 2016-2017, la mise en place d'une organisation commune dans les achats et d'un comité de pilotage de l'alliance se traduiront en revanche par des surcoûts immédiats.

PSA et GM ont officialisé mercredi soir une alliance stratégique dont ils attendent à terme 1,5 milliard d'euros de synergies par an. (voir )

Les deux groupes ont précisé que cet impact serait limité les deux premières années, avant une montée en puissance au cours des trois années suivantes. Les gains attendus pourraient dépasser 1,5 milliard d'euros par an après 2016.

"Il est facile d'être cynique vis-à-vis du plan PSA-GM", commente de son côté BernsteinResearch. "Il porte de nombreux traits qui ont marqué des alliances passées dans le secteur automobile et qui se sont soldées par un échec - et aucune action réelle sur les capacités. Mais quelqu'un a une meilleure idée ?"

"Nous conseillons de ne pas nous focaliser sur le court terme en ne prenant en compte qu'un impact négatif de la dilution de l'augmentation de capital", ajoute CMC-CIC Securities dans une note. "Mais plutôt sur un groupe, sous-valorisé, en pleine mutation, qui vient de nouer un accord stratégique majeur attendu depuis longtemps par le marché." (Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez)