23 février 2012 / 07:51 / il y a 5 ans

LEAD 2-RBS en perte au T4, a versé £985 mlns de bonus en 2011

* Pertes de près de 2 mds de livres au T4

* Bonus en baisse de 21% par rapport à 2010

* "Le tapage autour de RBS est préjudiciable" -DG (Actualisé avec des précisions, citations, cours de Bourse)

par Sudip Kar-Gupta

LONDRES, 23 février (Reuters) - Royal Bank of Scotland a payé près d'un milliard de livre de bonus en 2011 en dépit d'une perte de près de 2 milliards au quatrième trimestre dûe à des coûts de restructurations et à des dépréciations sur l'Irlande et la Grèce.

La banque, dont l'Etat britanique détient 82% du capital depuis son renflouement après la crise du crédit de 2008, a perdu 1,8 milliard de livres (2,12 milliards d'euros) sur les trois derniers mois de 2011, passant dans le rouge sur l'ensemble de l'exercice pour la quatrième année consécutive.

RBS a toutefois payé 390 millions de livres de bonus aux collaborateurs de sa banque de financement et d'investissement (BFI) au quatrième trimestre, un montant en baisse de 58% par rapport à la période correspondante de 2010 et qui représente 22.900 livres en moyenne pour chacun d'entre eux.

Le directeur général de la banque Stephen Hester a souligné que le montant des bonus était sensiblement inférieur à celui versé par des concurrents comme Barclays et que RBS devait pouvoir attirer et retenir les talents pour mener à bien son redressement.

L'opinion publique britannique, confrontée à une sévère cure d'austérité, est très critique des bonus que s'octroyent des banquiers dont les établissements ont été renfloués sur les deniers publics.

"Le tapage autour de RBS est préjudiciable aux perpsectives de réalisation des objectifs nécessaires pour tous", a déclaré Stephen Hester à des journalistes. "Au cours des trois dernières années, nous sommes parvenus à surmonter ce tapage et nous allons continuer d'essayer de le faire, mais personne ne doit se faire d'illusion et penser qu'on peut avoir le beurre et l'argent du beurre", a-t-il ajouté.

UNITE EST CRITIQUE

RBS a payé au total 785 millions en bonus et autres avantages, regroupés sous le terme de rémunération variable, une fois déduit les versements différés, en baisse de 43% par rapport à 2010.

Les frais de personnel de la BFI, où des milliers d'emplois sont supprimés, sont ressortis à 2,45 milliards de livres, en baisse de 9% par rapport à l'année précédente.

Le président de la banque Philip Hampton et Stephen Hester ont été contraints de renoncer à leur bonus sous la pression unanime de la classe politique britannique.

Le Premier ministre George Osborne a approuvé la décision de RBS de réduire les bonus versés et le directeur général de la banque déclaré que le plan de redressement sur cinq ans était sur les rails.

Le syndicat Unite a toutefois critiqué les bonus versés appelant RBS à revaloriser les salaires des employés de la banque de détail moins bien payés et qui, pour beaucoup d'entre eux, ont dû se contenter de faibles augmentations.

RBS a dû bénéficier de 45 milliards de livres d'injection de fonds publics après les pertes provoquées par la crise financière et sa participation au rachat du hollandais ABN Amro en 2007.

Les progrès réalisés par les divisions bénéficiaires de la banque de détail et de la banque d'investissement ont été salués par certains analystes.

"Nous considérons que RBS reste une histoire de réhabilitation et que les raisons d'y investir demeurent intactes", écrivent les analystes de Bank of America Merrill Lynch dans une note de recherche.

"Nous continuons d'être impressionnés par l'ampleur de la réduction de l'effet de levier et la réduction des risques au niveau du bilan au cours des trois dernières années", renchérit Michael Symonds, analyste chez Daiwa Capital Markets.

L'action RBS est en hausse de 3,48% à 28,28 pence vers 11h45 GMT, encore nettement en dessous du cours de 49,90 pence retenu pour l'entrée de l'Etat dans son tour de table, conduisant à une perte latente pour les contribuables britanniques de plus de 20 milliards de sterling.

RBS a comme objectif de réaliser les deux tiers de ses revenus dans les activités de banque de détail et de financmeent des entreprises à l'horizon 2013, seul le tiers restant provenant des activités de marchés. Depuis son arrivée à la tête de la banque en 2008, Stephen Hester a supprimé 34.000 postes et la banque a annoncé en janvier 3.500 suppressions d'emploi supplémentaires dans la BFI. (Marc Joanny pour la version française, édité par Wilfrid Exbrayat)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below