22 février 2012 / 07:00 / il y a 6 ans

LEAD 3-France Tel joue la prudence en 2012 face à l'offensive Free

* Vise un cash flow opérationnel de E8 mds en 2012

* Cash flow opérationnel de 9,31 mds en 2011, vs E9 mds attendu

* Adapte sa politique de dividende pour 2012 et 2013

* Les rachats d‘actions envisagés après la cession d‘Orange Suisse différés

* Affiche 200.000 départs de clients depuis le lancement de Free Mobile

* Le titre en hausse en début d‘après-midi (Actualisé avec conférence de presse et précisions)

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS, 22 février (Reuters) - France Télécom a abaissé sa prévision de dividende pour 2012 et différé sa promesse de rachats d‘actions face à la guerre des prix déclenchée par le nouvel entrant Free Mobile sur le marché français de la téléphonie mobile.

L‘opérateur historique, qui a publié mercredi des résultats 2011 conformes à ses objectifs, prévoit cette année de donner la priorité à la préservation de son bilan dans un contexte de dégradation plus marquée que prévu de la conjoncture économique.

“2012 est l‘année la plus difficile pour nous”, a déclaré le directeur financier Gervais Pellissier lors d‘une conférence téléphonique, en estimant que le groupe pourrait toucher un point bas cette année avant un possible rebond en 2013.

“Nous n‘imaginons pas que la guerre des prix soit très longue en France. On s‘est mis à un niveau de prix qui est extrêmement bas”, a-t-il souligné.

Free a fait une entrée fracassante sur le marché de la téléphonie mobile le mois dernier avec deux offres à prix cassés, obligeant ses concurrents en place à revoir en baisse les tarifs d‘une partie de leurs offres pour tenter d‘empêcher un exode de leurs abonnés. (voir )

Alors que le groupe dirigé par Xavier Niel n‘a pas encore communiqué le nombre de ses nouveaux abonnés mobiles, France Télécom a précisé pour sa part avoir constaté une hausse de 15 à 20% des demandes de résiliation, dont moins de la moitié (40%) en vue d‘une migration chez le quatrième entrant.

Le groupe a perdu au total 201.000 clients mobiles entre le début de l‘année et le 15 février, soit 0,7% de son parc de 27 millions de clients en France, qui représente encore la moitié des ventes d‘Orange et plus de 50% de son Ebitda total.

NET RECUL DU CASH FLOW EN VUE EN 2012

Dans ce contexte de concurrence accrue en France, France Télécom anticipe un net recul de son cash flow opérationnel en 2012 à 8 milliards d‘euros, contre 9,33 milliards l‘an dernier, imputable à hauteur d‘un milliard d‘euros à la baisse attendue de l‘Ebitda.

Comme le pressentait une partie des investisseurs, le groupe a annoncé un ajustement de sa politique de dividende, qui sera compris, pour 2012 et 2013, entre 40% et 45% du cash flow opérationnel de l‘exercice.

Le dividende devrait ainsi s’établir entre 1,21 et 1,35 euro au titre de 2012, au lieu de 1,40 euro jusque-là promis par le groupe, a précisé Gervais Pellissier.

Toujours dans le but de préserver sa solidité financière, France Télécom a également décidé de reporter le rachat d‘actions un temps envisagé dans la foulée de la cession de la filiale du groupe en Suisse pour 1,5 milliard de dollars.

“Il nous semble que les circonstances financières de début 2012 ne permettaient pas de poursuivre dans cette direction aujourd‘hui”, a expliqué Gervais Pellissier. “Ca ne veut pas dire qu‘il n‘y aura pas de rachat d‘actions chez France Télécom Orange mais pas en 2012”.

LES OPÉRATEURS EUROPÉENS SOUS PRESSION

Ces mesures de prudence traduisent les difficultés auxquelles sont confrontés les opérateurs télécoms européens pour continuer à croître dans un contexte de pressions concurrentielles et réglementaires accrues.

Telefonica a ainsi abaissé en décembre son objectif pour le dividende qu‘il versera au titre de 2012 dans le but de contrôler sa dette dans un contexte de croissance économique molle en Espagne.

A 14h10, l‘action France Télécom avance de 1,92% à 11,6650 euros, le marché ayant accueilli avec pragmatisme l‘annonce du durcissement d‘une politique de dividende jusque-là généreuse mais se traduisant par un soutien limité pour le titre en Bourse ces deux dernières années.

“Il ne fait aucun doute que le groupe voyait peu d‘intérêt à verser un dividende pour lequel il n‘a reçu que peu voire aucun crédit”, estiment les analystes de Bernstein Research dans une note.

Sur l‘ensemble de l‘exercice 2011, le groupe a dégagé un chiffre d‘affaires de 45,28 milliards d‘euros, contre 45,27 milliards attendus en moyenne selon Thomson Reuters I/B/E/S.

L‘Ebitda retraité s‘est établi à 15,083 milliards, donnant une marge de 33,3%, en repli limité de 1,1 point, grâce, notamment, à la résistance affichée par les activités en France, en dépit de pressions déjà accrues sur les prix, la plupart des opérateurs ayant anticipé dès l‘an dernier l‘arrivée de Free.

Le groupe a ainsi vu sa part de conquête dans le haut débit remonter à 30,5% en 2011 grâce au succès de ses offres “quad play” Open qui totalisaient 1,2 million de clients en fin d‘année dernière. (édité par Jean-Michel Bélot)

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