17 février 2012 / 06:33 / dans 6 ans

LEAD 4-Lafarge entend poursuivre la baisse de sa dette en 2012

* Nouvelle réduction significative de la dette en 2012, pas d‘objectif

* Deux milliards d‘euros de désendettement l‘an dernier

* Croissance de 1 à 4% des marchés attendue cette année

* Pas de fermeture d‘autre cimenterie française que Frangey

* Le titre gagne plus de 6%, plus forte hausse du CAC 40 (Actualisé avec précisions, cours et analyste)

par Gilles Guillaume

PARIS, 17 février - Lafarge a annoncé vendredi avoir réduit de 14% sa dette nette en 2011 grâce notamment à sa sortie de l‘activité plâtre et compte poursuivre en 2012 ses cessions d‘actifs et accélérer ses économies dans le cadre de son désendettement.

Le premier cimentier mondial, qui a annoncé au début du mois 460 suppressions d‘emplois dans le cadre d‘une réorganisation opérationnelle par métier pour simplifier sa structure, a ramené l‘an dernier sa dette à 11,97 milliards, une baisse de deux milliards environ sur l‘année comme il le prévoyait.

Le titre du groupe affiche ainsi la plus forte hausse du CAC 40 et touche son plus haut niveau depuis sept mois, le marché saluant les efforts réalisés en terme de désendettement alors que des investisseurs redoutaient que le groupe ne soit forcé de procéder à une augmentation de capital.

Vers 11h00, le titre, qui a perdu plus de 42% en 2011, s‘adjugeait 5,76% à 33,66 euros alors que l‘indice sectoriel européen avançait de son coté de 1,8%.

“Les leviers internes (limitation du dividende, réduction de coûts) et exogènes (détente relative de l‘offre de financement et inversion graduelle de tendance aux Etats-Unis) réduisent le risque d‘augmentation de capital”, commente CM-CIC Securities, qui note en outre que les résultats ont reculé moins que prévu.

Depuis le début de l‘année, le titre a pris près de 24%, après une chute de 42% environ sur l‘ensemble de 2011.

“L‘endettement net du groupe continuera à baisser en 2012 grâce à la mise en oeuvre d‘actions visant à maximiser nos cash flow opérationnels”, a indiqué Bruno Lafont, PDG de Lafarge, dans un communiqué.

Interrogé au cours d‘une téléconférence sur un objectif chiffré de désendettement, Bruno Lafont a simplement répondu: Ce qu‘on peut dire, c‘est que la dette sera significativement réduite en 2012.”

Au cours d‘une conférence de presse, il a ajouté que Lafarge visait un ratio cash flow/dette nette de 28% “le plus vite possible”. En 2011, ce taux était de 13,2%.

La dette du groupe, héritée en grande partie de l‘acquisition de l’égyptien Orascom en 2008, lui a valu d’être déclassé dans la catégorie “junk” par les agences de notation Standard & Poor’s et Moody’s l‘an dernier.

Dans le cadre de son désendettement, le groupe vise un milliard d‘euros de nouveaux désinvestissements en 2012, après 2,2 milliards en 2011. Deux activités font actuellement l‘objet de rumeurs de cessions, le plâtre en Amérique du Nord et le ciment en Afrique du Sud.

Lafarge compte aussi limiter cette année à 800 milions d‘euros ses investissements, contre 1,2 milliard en 2011, réaliser en 2012 l‘essentiel - au moins 400 millions d‘euros - des 500 millions d‘euros d’économies déjà annoncées et réduire de moitié le dividende, à 0,50 euro par action.

HAUSSE DE 1 A 4% DU MARCHE EN 2012

L‘accération des réductions de coûts passera par des économies d’énergie, dans un contexte d‘inflation persistante des prix de l’énergie, et par des économies de coûts fixes industriels dans les pays développés. Dans ce cadre, Lafarge va fermer son usine de Frangey (Yonne), la plus petite cimenterie du groupe en France dont il s‘est engagé à reclasser les 75 salariés, ainsi qu‘une autre petite usine de ciment au Kansas (Etats-Unis).

“Les réductions de coûts annoncées ne sont pas la fin de nos progrès et se poursuivront dans les années à venir”, a précisé Jean-Jacques Gauthier, directeur financier de Lafarge, au cours d‘une conférence de presse.

Bruno Lafont a toutefois répété que le groupe ne prévoyait pas de fermer d‘autre site cimentier en France au-delà de Frangeais.

En 2011, le chiffre d‘affaires du groupe a augmenté de 3% à 15,28 milliards d‘euros, en ligne avec le consensus calculé par la rédaction de Reuters à partir des réponses de 20 analystes et qui donnait 15,17 milliards.

Le bénéfice net, part du groupe, a lui chuté de 28% à 593 millions d‘euros, inférieur cette fois à un consensus de 688 millions, impacté par une charge exceptionnelle de dépréciation de 285 millions d‘euros liée à la situation en Grèce.

Lafarge prévoit en 2012 une croissance de 1 à 4% des marchés où il est présent, désormais surtout le ciment (65% du chiffre d‘affaires) et le béton et les granulats (34%).

La sortie du groupe de la majeure partie de ses activités plâtre, surtout présentes sur des marchés matures, a également renforcé mathématiquement la présence du groupe dans les pays émergents, où la croissance devrait encore être supérieure à celle des pays industrialisés.

Le marché américain devrait en effet être stable cette année et celui de de l‘Europe occidentale en baisse de 5 à 8%, Espagne et Grèce en tête. (Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)

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