15 février 2012 / 09:19 / il y a 6 ans

INTERVIEW-LEAD 4-PagesJaunes prévoit de passer le dividende 2012

* CA 2011 à E1,1 md, en repli de 2,1%

* Marge brute opérationnelle à E493,1 mlns, en baisse de 4,8%

* Vise une stabilisation du CA en 2012, une MBO à E470-485 mlns

* Internet devrait représenter 60% du CA en 2012

* PagesJaunes serein sur sa capacité à refinancer sa dette-DG

* Le titre dévisse en fin de matinée (Actualisé avec réaction de Mediannuaire §14)

par Gwénaëlle Barzic

PARIS, 15 février (Reuters) - PagesJaunes a annoncé mercredi que son conseil d'administration proposerait à titre exceptionnel de passer le dividende au titre de 2011, après avoir enregistré un recul de son chiffre d'affaires et de sa marge l'an dernier.

Dans un entretien à Reuters, son directeur général Jean-Pierre Remy a expliqué que le groupe souhaitait ainsi préserver ses liquidités afin de se donner le maximum de flexibilité pour refinancer sa dette.

"Les conditions de marché actuelles ne sont pas particulièrement favorables (...) et donc on considère qu'on doit se garder un maximum de flexibilité à court terme dans nos choix d'options de financement", a-t-il dit.

Vers 10h45, l'action de PagesJaunes dévissait de 10,32% à 2,98 euros, signant la plus forte baisse du SBF120, le marché accueillant sèchement l'annonce surprise sur le dividende alors que PagesJaunes avait réitéré fin octobre son objectif de maintenir une politique de distribution de dividende élevée.

"Le choix de sacrifier le dividende nous semble inquiétant car il traduit les difficultés du groupe à refinancer la tranche de sa dette qui arrive à échéance en novembre 2013", soulignent les analystes de Gilbert Dupont dans une note.

Lourdement endetté, l'éditeur d'annuaires imprimés et en ligne, a vu son flux de trésorerie net reculer de 21% en 2011, pénalisé notamment par l'augmentation du coût de sa dette.

L'endettement du groupe français, 1,915 milliard d'euros au 31 décembre dernier, a fortement pesé sur le titre l'an dernier, le marché s'interrogeant sur la capacité de PagesJaunes à refinancer sa dette dans des conditions acceptables.

La société a déjà refinancé 70% de ses créances au cours du premier semestre de 2011 mais les interrogations portent aujourd'hui sur une dernière tranche de 638 millions d'euros arrivant à échéance en novembre 2013.

Ses marges de manoeuvre financières sont d'autant plus restreintes que son principal actionnaire, la holding Médiannuaire contrôlée par la banque Goldman Sachs et le fonds KKR, est elle-même très endettée.

Actionnaire de référence avec 54,7% du capital, celle-ci a besoin des dividendes, jusque-là généreux, versés par PagesJaunes, pour assurer le paiement du service de sa dette, soulignent plusieurs analystes.

INTERNET DEVIENT LA PREMIÈRE ACTIVITÉ

Médiannuaire soutient "complètement" la décision du conseil d'administration de Pagesjaunes sur le dividende, a assuré Jean-Pierre Remy, qui s'est par ailleurs dit "serein" sur la capacité du groupe à refinancer sa dette.

"Les scénarios sont très larges, très ouverts. On veut se donner le temps", a-t-il expliqué, en précisant que le processus officiel n'avait pas encore été engagé.

Le refinancement interviendra probablement au cours des 12 mois à venir, a-t-il ajouté.

"Médiannuaire dispose de la trésorerie ou des lignes nécessaires pour assurer ses échéances", a de son côté fait savoir le principal actionnaire de PagesJaunes.

Dans une note, les analystes de CM-CIC Securities estiment que si, dans un premier temps, l'annonce sur le dividende "pourrait décevoir certains actionnaires très intéressés par le rendement, nous pensons que cette décision était nécessaire pour le titre dans une logique de désendettement et de refinancement de la tranche A1 de la dette".

Sur le plan opérationnel, le groupe a franchi un cap dans sa mue vers internet, qui a représenté, pour la première fois, plus de la moitié (52%) de ses revenus en 2011.

Sur l'ensemble de l'exercice, le chiffre d'affaires ressort à 1,1 milliard d'euros, en ligne avec les attentes du marché selon Thomson Reuters I/B/E/S, ce qui représente une baisse de 2,1% par rapport à l'exercice précédent.

La forte croissance des activités internet (+7,0%) n'a pas été suffisante pour compenser le déclin des annuaires imprimés, en repli de 9,2% sur l'ensemble de l'an dernier.

La marge brute opérationnelle (MBO) est par ailleurs ressortie à 493,1 millions d'euros, en repli de 4,8%.

Le groupe avait dit tabler pour 2011 sur une baisse d'environ 2% de son chiffre d'affaires et sur une MBO comprise entre 485 et 500 millions d'euros.

Pour 2012, le groupe dit viser une stabilisation de ses revenus après deux exercices de baisse, à la faveur de la croissance de ses activités sur internet qui devraient représenter 60% de son chiffre d'affaires global.

Il anticipe par ailleurs un recul de sa MBO, dans une fourchette comprise entre 470 et 485 millions d'euros, évoquant l'impact de "l'investissement commercial dans les activités internet". (Avec Alexandre Boksenbaum-Granier et Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot)

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